Politique belge C'était inscrit dans les astres et, pourtant, le PS se sent manifestement obligé de se justifier.

On le sait, après de vaines tentatives destinées à mettre en place une "portugaise" (PS et Ecolo gouvernent, appuyés par le PTB depuis l'opposition), après de tout aussi vains essais dans le but de créer un "coquelicot" (le PS et Ecolo au gouvernement, appuyés par la "société civile" et le CDH), les socialistes ont décidé de se tourner vers le MR. 

Rien d'étonnant à cela car les libéraux, en Wallonie, sont mathématiquement indispensables à la mise sur pied d'un gouvernement régional qui aurait la majorité au parlement. Les observateurs de la vie politique avaient compris depuis longtemps que le MR reviendrait, par la force des choses, à la table des négociations après l'épisode "portugaise" et l'épisode "coquelicot". 

Les fautifs : le PTB et le CDH

Dans le récit politique de ces dernières semaines, destiné à "vendre" aux militants socialistes l'idée que leur parti aura tout tenté pour gouverner le plus à gauche possible, voici le dernier chapitre : la lettre aux membres du PS pour expliquer les contacts actuels avec les libéraux.  Nous avons pu consulter ce courrier. En résumé, le président du PS, Elio Di Rupo et Paul Magnette, porte-parole du parti à l'occasion des dernières élections, expliquent à leurs troupes que tout est de la faute du PTB et du CDH. 

" Les refus du PTB et du CDH signifient qu'un gouvernement progressiste minoritaire PS-Ecolo ne pourra pas se former car il n'atteindra pas les 38 votes nécessaires au parlement wallon pour être mis en place. (...) La seule et unique solution pour obtenir une majorité était dès lors d'inviter le MR à s'associer à nos travaux", écrivent les deux leaders socialistes. 

Sans le PS, ce serait pire...

Le PS veut rassurer ses troupes. Et donner le change face à la concurrence sur sa gauche menée par un PTB de plus en plus fort. Malgré cette association au MR, la "droite néolibérale" ne pourra pas imposer ses vues, semble-t-il... " Malgré l'inéluctable arithmétique politique qui s'impose à nous, nous resterons ce que nous sommes : des ardents défenseurs des travailleurs, de la sécurité sociale et du progrès pour tous. Les Wallonnes et les Wallons seront mieux protégés avec un PS fort au sein du gouvernement."  Autrement dit, le PS ressort le vieil argument du "sans nous, ce serait pire".

Dans leur lettre, Elio Di Rupo et Paul Magnette ne rappellent pas à leurs membres que le PS a déjà gouverné avec le MR (et Ecolo) à la Région wallonne et au fédéral pendant de nombreuses années.