Le MR, le CDH et la N-VA s’y opposent et préfèrent la prévention.

La réglementation stricte de l’usage du cannabis par des majeurs divise les partis politiques de Belgique. Au Nord du pays, la N-VA s’est clairement opposée à une quelconque réforme de la politique répressive actuellement mise en place et se dit "opposée à toute légalisation" du cannabis. Le parti préfère "prévenir que guérir". Il axe sa lutte contre l’usage de drogues sur la prévention et, quand il le peut, sur la répression. De vastes contrôles sont ainsi menés à Anvers.

Une proposition déposée par Ecolo

La position du parti nationaliste flamand est diamétralement opposée à celle du Parti socialiste francophone qui ne verrait sûrement pas d’un mauvais œil une vente réglementée de cannabis aux personnes majeures.

Pour le PS, "la politique menée actuellement en matière de cannabis est profondément insatisfaisante". Lors du meeting du candidat socialiste à la présidentielle française Benoît Hamon à Bruxelles, le président du PS, Elio Di Rupo, s’était d’ailleurs prononcé à ce sujet : "Comme Benoît [Hamon], je propose que ce soient les pouvoirs publics qui régulent et réglementent la production et la vente de cannabis. Des experts de l’Europe entière […] nous pressent de prendre des mesures en faveur d’une régulation en matière de cannabis, comme nous l’avons fait pour le tabac ou l’alcool."

Chez les verts francophones, le débat inspire aussi. Muriel Gerkens, députée fédérale à la Chambre, a d’ailleurs déposé mercredi une proposition de loi visant à réglementer l’usage du cannabis. Il ne s’agit toutefois pas d’appeler à une quelconque promotion de celui-ci. "Bien au contraire, le but recherché est celui d’un meilleur contrôle de sa distribution et de sa production pour ne pas laisser ce marché aux mains d’une criminalité mafieuse."

L’objectif premier de cette proposition est avant tout de protéger la santé des consommateurs. "Nous constatons que les produits vendus en Belgique ont un taux de THC (tétrahydrocannabinol) trop important et que certains plants contiennent des substances toxiques", détaille la députée.

Muriel Gerkens souhaite, comme les chercheurs flamands, que l’Etat mette en place des lieux de vente où les consommateurs, sous présentation de leur carte d’identité, pourraient acheter à des personnes formées un produit de qualité, contrôlé.

Répression et prévention

La proposition a son lot d’opposants dans les rangs du CDH et du MR. Les premiers sont "opposés à la dépénalisation et la légalisation des drogues". Le parti humaniste souhaite, tout comme la N-VA, trouver les moyens nécessaires pour la prévention (via le renforcement des campagnes de prévention dès le plus jeune âge).

Enfin, le MR rejette l’idée d’une dépénalisation des drogues douces "en raison des risques élevés et des effets négatifs pour le consommateur, notamment en ce qui concerne l’assuétude et les comportements à risque. Mais également en raison de la banalisation induite par cette mesure." Le mouvement réformateur campe sur ses positions et rappelle par ailleurs que, si une politique de tolérance est d’application dans le cadre d’un usage personnel, "le gouvernement fédéral Michel Ier a souligné, via l’accord de gouvernement, qu’il avait la ferme intention de mettre fin à cette tolérance pour le cannabis qui existe depuis 2003 en stipulant que la consommation et la détention de drogues dites douces seront donc poursuivies autant chez les mineurs d’âge que chez les plus de 18 ans".