Politique belge

À Charleroi, les choses sont désormais claires. Le PS et le PTB ont rompu leurs discussions pour la constitution d’une majorité. 

La nouvelle était dans l’air et on peut penser que la décision d’en finir était déjà prise, jeudi à 16h30, quelques minutes avant d’entamer cette ultime rencontre. Déjà, lors de l’annonce de la tenue d’une première réunion, la semaine dernière, peu de gens croyaient dans une alliance inédite entre les socialistes et les communistes carolos.

Le ton de Paul Magnette dans une interview livrée fin de semaine au journal Le Soir renforçait cette idée que le mariage devenait impossible. 

La réplique de la cheffe de file PTB à Charleroi, Sofie Merckx, sur les réseaux sociaux, confirmait le malaise grandissant entre les deux. La question qui restait encore en suspens, jeudi à 16h30, donc, était de savoir qui du PS ou du PTB allait, en premier mettre fin à ce pas de deux qui n’a jamais commencé. 

D’un côté vous aviez le PS qui juge les propositions du PTB impayables et de l’autre un PTB qui ne digère pas le ton “professoral” de Magnette. Non, vraiment, on se dit qu’ils ne pouvaient pas s’entendre. Et lorsqu’en milieu d’après-midi on apprenait, via un communiqué de presse du PTB, que le parti se retirait des discussions à Molenbeek, où pourtant certains observateurs considéraient qu’il y avait des chances d’obtenir un accord, on comprenait aussi qu’à Charleroi les choses iraient dans le même sens.

Et c’est bien ce qui s’est passé, jeudi sur le coup de...18h, les deux délégations, réunies à l’hôtel de Ville de Charleroi ont bien dû constater les yeux dans les yeux qu’un partenariat était impossible. L’honneur est-il sauf pour autant? Magnette aura tenu parole, en recevant le PTB pour entendre ses propositions. Comme annoncé avant le scrutin, il a considéré que les propositions sur la table étaient irréalistes et impayables. 

De son côté, le PTB pourra dire à ses électeurs qu’il a fait preuve de responsabilité en rencontrant le PS mais que ce dernier a refusé la remise en question nécessaire à la mise en place d’une majorité à Charleroi. Le PTB siégera donc dans l’opposition fort de ses neuf élus qui ne lâcheront pas d’une semelle la majorité en place.

Le PS restera-t-il seul avec son unique siège d’avance sur tous les autres? Sans doute pas puisque des négociations, qualifiées de positives par Xavier Desgain (chef de file d’Ecolo à Charleroi), avec Ecolo sont menées en parallèle et semblent prendre une direction positive. Un troisième larron fera-t-il son entrée ? Pour l’heure, rien ne filtre. Si en bout de course, le MR devait revenir dans le jeu, gageons que le PTB pourra considérer et affirmer partout que jamais, pour le PS, il n’a été question d’une majorité de gauche inédite dans la plus grande ville de Wallonie.