Un commentaire de Dorian de Meeûs.


Les interviews politiques se suivent et se ressemblent… souvent, trop souvent. Mais si vous avez raté celle du leader du PTB, Raoul Hedebouw, face au journaliste Fabrice Grosfilley, vous avez manqué un grand moment de radio. Mieux, un moment de démocratie. Celui où le vrai projet politique fait surface, malgré les nombreuses tentatives pour se montrer sous son meilleur jour. Pour le PTB, l’heure de vérité a sonné.

Le parti d’extrême gauche se dit "modernisé", à la gauche de la gauche, la vraie gauche, celle qui s’assume… Pourtant, côté références idéologiques, le modèle est celui de Cuba. Le porte-parole du PTB vante sans rougir, sans même hésiter, ses soins de santé gratuits, le taux d’analphabétisme qui recule et – cerise sur le gâteau – que "cela débat énormément à Cuba, cela tchatche dans les rues". Entre membres du parti unique ? Entre camarades on s’amuse toujours bien…

Hedebouw ne dit pas qu’il veut copier ce modèle, mais le prend comme référence pour appeler de ses vœux la création d’un État socialiste. Peut-être devrait-on l’envoyer plus souvent à Cuba, au Venezuela – où la révolte et la répression actuelles sont autant de signes d’un pays heureux -, ou même en Corée du Nord. Bref, autant de voitures balais dans les classements internationaux des Droits de l’Homme.

Quand on vante la gratuité des soins de santé à Cuba, il faut mener la comparaison un brin plus loin… la liberté de propriété y est quasi inexistante, la liberté d’entreprendre est réservée à 10% de la population proche du pouvoir, on repassera aussi pour les autres libertés de circulation, de voyager,… Inutile d’évoquer la liberté d’expression et de presse. Là-bas, on connaît pas.

Cette "gauche" se préoccupe des usines qui ferment, des dérives du capitalisme, de la pauvreté, des inégalités sociales. Mais, faut-il être communiste ou marxiste-léniniste pour revendiquer un tel combat ? Dans tous les partis traditionnels, ces enjeux sont présents. La solution ne passe pas irrémédiablement par une république socialiste dans laquelle les droits des individus passent après ceux de l’État ou du Parti.

Période électorale oblige, le PTB adoucit son discours, met des gants pour avancer ses mesures… et surtout ses multiples conséquences. Raoul Hedebouw dit même que l’État socialiste n’arrivera pas du jour au lendemain. Non, non, seulement d’ici 5 à 15 ans. Mais 5 ans, c’est la fin de la législature ! C’est demain ! Et, aura-t-on alors encore son mot à dire ?

A la veille du carnaval, les masques tombent...