Le remplacement des F16 qu'envisage la future majorité doit également être analysé du point de vue du retour industriel et en termes d'emploi, estime le député Denis Ducarme (MR). Or, à cet égard, l'offre du F-35 n'ouvre guère de perspective. "Quand j'écoute les déclarations du vice-président de la firme F-35, et que j'entends qu'il n'y a pas de retombées économiques pour un marché comme le marché belge, je dis qu'il faut regarder les offres des autres firmes", a déclaré M. Ducarme au micro de La Première.

L'acquisition des chasseurs F-16 dans les années 1970 a généré d'importantes retombées économiques pour la Belgique qui se traduisent encore aujourd'hui par l'entretien de ces avions. Le F-35 privilégié sous la précédente législature par le ministre de la Défense, Pieter De Crem, est loin de présenter les mêmes avantages si l'on en croit le député.

La Belgique ne s'est pas jointe au programme de fabrication de ce chasseur-bombardier coûteux mené par la société d'armement américaine Lockheed Martin. Les chances du royaume d'attirer sur lui des retombées économiques sont donc minces. Selon M. Ducarme, les offres des concurrents européens du F-35 sont plus intéressantes.

"Je pense qu'aujourd'hui, en termes de retour industriel, les offres européennes du point de vue du retour industriel sont plus intéressantes. Je parle ici en milliers d'emplois. Remplacer des F-16, c'est aussi créer de la richesse en Belgique", a-t-il ajouté.

Une opinion confirmée par le rédacteur-en-chef de la revue française Défense et Sécurité Internationale (DSI) et maître de conférence, Joseph Henrotin.

"Si l'on n'est pas entré dans les trois cercles de coopération du programme, il ne restera que des miettes. Quand on voit la répartition du schéma industriel qui existe déjà, on ne voit pas quelle place la Belgique peut occuper", a-t-il expliqué.

A l'inverse de concurrents comme le Rafale français ou le Saab Gripen suédois. Dans les commandes qu'ils ont passées, l'Inde et le Brésil ont pu obtenir que ces avions soient construits sur leur sol.

M. Ducarme s'est montré prudent par ailleurs sur le choix qu'aurait déjà fait la future majorité. Il n'y a pas encore eu d'accord sur ce point, a-t-il affirmé, et le choix du remplaçant éventuel se fera sans doute au cours de la législature.