Le responsable CD&V pointe du doigt les files d'attente à l'entrée de cette ancienne caserne qui sert de centre de premier enregistrement d'une demande d'asile ainsi que de premier accueil. Il envisage de travailler par rendez-vous, gérés depuis un autre endroit. "La structure et la situation du Petit-Château ne sont pas optimales et le centre d'arrivée déménagera à l'avenir à un endroit mieux adapté", écrit-il.

Sammy Mahdi confirme par ailleurs les éléments de l'accord de gouvernement, comme la volonté de prévoir des places tampons pour réagir rapidement à des circonstances fluctuantes. De telles réserves ont un coût, reconnaît-il, mais moins onéreux toutefois que des places que l'on doit créer en urgence chaque fois que la pression augmente sur le réseau.

Le secrétaire d'État veut aussi mieux encadrer les possibilités d'activités journalières des demandeurs d'asile, comme le travail dans des exploitations agricoles pour répondre à la pénurie de travailleurs saisonniers.

En matière de regroupement familial, l'accord de gouvernement prévoit que les conditions "seront évaluées à la lumière de la législation des pays voisins et seront revues, sur cette base, si nécessaire, afin de les rendre plus conséquentes". Ce sera un durcissement, selon M. Mahdi: le contrôle sera renforcé pendant la période de séjour conditionnel et les communes ne pourront plus octroyer automatiquement une carte de séjour à un membre de la famille si l'Office des Étrangers n'a pas pris dans les délais impartis une décision de regroupement familial.

Si le gouvernement s'est engagé par principe à ne plus enfermer de mineurs d'âge, les centres fermés déjà prévus seront réalisés dans le délai établi. Mais les alternatives à la détention seront développées (maisons de retour, contrôles administratifs et/ou policiers réguliers, assignation à résidence, caution, surveillance électronique, etc.). Le gouvernement veut mettre l'accent sur le retour volontaire, tout en prenant les mesures nécessaires pour empêcher les abus.

Quant aux places de réinstallation (le programme de l'Onu pour transférer un réfugié d'un État où il a demandé la protection vers un autre qui peut l'accueillir), Sammy Mahdi promet de respecter les engagements pris.

L'an dernier, à peine 239 personnes ont été réinstallées, et deux seulement cette année-ci. Cela signifie qu'avant la fin de l'année prochaine, 1.615 personnes devront être réinstallées. Quelque 150 personnes doivent être transférées depuis le camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos, détruit par un gigantesque incendie début septembre.