Le président du parlement bruxellois, Rachid Madrane (PS), a été amené lundi à frapper son pupitre à l'aide du maillet pour rappeler Youssef Handichi (PTB), à l'ordre pour des faits personnels et à faire retirer du compte-rendu de la séance une partie des propos de celui-ci. L'élu de la formation d'extrême gauche avait évoqué en termes peu flatteurs les liens entre la nouvelle cheffe du groupe MR Alexia Bertrand et l'homme d'affaires Luc Bertrand, patron d'Ackermans & van Haaren, dont elle est la fille. "Nous avons une députée dont le père est très riche. M. Bertrand accumule pas mal d'argent", a-t-il notamment dit, pour appuyer sa contestation, au détour d'une question d'actualité, de l'option d'une taxe kilométrique intelligente qui toucherait, d'après le PTB, indistinctement les travailleurs pauvres ou riches.

Cette sortie a fait bondir Vincent De Wolf (MR). L'élu libéral a invité le président à recourir à la possibilité qui lui est offerte de faire un rappel à l'ordre.

Intervenant pour un "fait personnel", Alexia Bertrand a dénoncé une vision révolue du PTB, fondée sur l'opposition des gens, selon leurs moyens, selon le fait qu'ils ne travaillent ou ne travaillent pas, etc... "Je ne m'occupe pas de votre vie privée", a-t-elle ajouté à l'attention de M. Handichi.

Rachid Madrane a quant à lui annoncé qu'il ferait usage du règlement de l'assemblée qui l'autorise, en son article 78, à faire retirer du compte-rendu, en pareille situation, "les paroles contraires à l'ordre". "A l'heure où de nombreux périls menacent notre démocratie, le vivre et le faire ensemble, il est de notre devoir de femmes et d'hommes politiques de maintenir la culture de débat et l'image de culture positive de cohabitation que nous souhaitons pour notre Région", avait-il dit auparavant dans son discours de rentrée.