L'ambassadeur chinois a exprimé sa colère après les propos de Francken dans une lettre adressée au nationaliste flamand.

Le souhait émis par Theo Francken de voir se tenir une enquête internationale indépendante sur l'origine du coronavirus n'a visiblement pas plu à l'ambassadeur de Chine en Belgique, Cao Zhongming. Le diplomate a envoyé, ce mercredi 27 mai, une lettre au nationaliste flamand dans laquelle il fait part de son mécontentement, comme l'ont dévoilé nos confrères du Nieuwsblad.

Une enquête pour "masquer l'incompétence des pays"

"La Chine est stigmatisée, a écrit M. Cao. Les pays qui exigent cette enquête politisent une question scientifique et blâment la Chine pour masquer leur propre incompétence dans la gestion de la crise."

Pour l'ambassadeur, qui plus est, la recherche de la cause du coronavirus est une "question très complexe". "Ce n’est pas parce que le virus a été signalé pour la première fois en Chine qu’il est né ici. Plus le temps passe, plus il devient évident que le virus est apparu plus tôt qu’on ne le pensait en Europe et aux États-Unis", a-t-il ajouté dans sa lettre à M. Francken. 

Si les Américains ont postulé à plusieurs reprises que le coronavirus avait été fabriqué dans un laboratoire chinois, la rumeur a depuis lors été démentie par de nombreux scientifiques, dont "les meilleurs scientifiques belges", clame le diplomate chinois. "La Chine n’est pas responsable de la propagation du virus, a conclu M. Cao. Ceux qui prétendent le contraire diffusent de fausses informations. Dès que la Chine a eu connaissance de “l’étrange maladie”, elle en a informé le monde entier."

L'ambassadeur a par ailleurs rappelé au nationaliste flamand qu'il s'efforçait d'essayer de maintenir une bonne relation entre les deux pays. Enfin, il a terminé le courrier adressé au bourgmestre de Lubbeek en lui souhaitant "rester en bonne santé".  

Theo Francken "heureux d'être vivant"   

Interrogé par Het Nieuwsblad, Theo Francken n'a pas tenu à enterrer la hache de guerre, bien au contraire. "Je peux me réjouir d'être encore en vie ?, a-t-il ironisé auprès du quotidien flamand. En Chine, les gens qui font des recherches sur les origines du coronavirus disparaissent. (...) Je continue d'espérer toutefois qu'il y aura bientôt une enquête, car tous les proches des victimes y ont droit. Dans les pays communistes, l'intérêt de l'Etat peut passer avant la vérité, mais pas en Occident."