Politique belge

La CSC Services publics, Entreprises publiques et Enseignement s'attend à ce que les cinq prochaines années soient "rudes" pour les travailleurs du service public, craint-elle dans une réaction au contenu de l'accord de gouvernement conclu entre les quatre partis de la coalition dite "suédoise". Les travailleurs du secteur public "ne subiront pas seulement les conséquences des décisions gouvernementales générales, comme tout citoyen, mais ils subiront aussi la volonté du gouvernement de réaliser en premier lieu des économies au niveau de la fonction publique", déplore le syndicat dans un communiqué.

Le syndicat chrétien juge que l'option de réduire les frais de fonctionnement 2015 de certains organismes fédéraux de près de 20% "n'est pas réaliste et est disproportionnée". La CSC Services publics demande au gouvernement fédéral la garantie "qu'aucun licenciement sec n'interviendra et que l'effectif du personnel corresponde aux besoins".

Le syndicat juge en outre un saut d'index "contre-productif" à "un moment où l'économie frôle la déflation".

Enfin, le syndicat chrétien estime que les mesures décidées dans l'accord gouvernemental dans le domaine des pensions "démontrent que la spécificité du régime des pensions du secteur public est sapée". La CSC Services publics, Entreprises publiques et Enseignement se demande si la volonté affichée de concertation autour des mesures prévues sera belle et bien présente "ou s'il s'agit simplement d'une belle formule."


Service à la collectivité pour les chômeurs: "Impossible avec nos moyens actuels"

Le texte de l'accord gouvernemental, publié jeudi dans la presse, prévoit la mise en place d'un service à la collectivité pour les chômeurs de longue durée. "Celui-ci sera exécuté par un accord de coopération avec les Régions", peut-on lire dans le document. Pour le Forem, le service public wallon de l'emploi et de la formation, la mise en oeuvre de la mesure est "impossible" avec les moyens actuels. "Nous ne possédons pas les ressources humaines suffisantes", a précisé jeudi la porte-parole du Forem, contactée par l'agence Belga.

Avant de se prononcer davantage, le Forem dit attendre le contenu de l'accord de coopération souhaité par le nouveau gouvernement fédéral. "A ce stade, nous n'avons aucune idée de la manière dont la mesure sera exécutée. Légalement, un accord de coopération avec les Régions est en effet nécessaire. Le fédéral est compétent pour le montant et l'octroi des allocations de chômage et les Régions se chargent de la formation et de la réinsertion."

L'accord de gouvernement fédéral prévoit que les chômeurs de longue durée prestent un "service à la collectivité de deux demi-journées par semaine".


Comeos y voit de "nombreux points positifs"

Comeos, la fédération du commerce et des services en Belgique, se dit jeudi "satisfaite" de l'accord gouvernemental et "heureuse que son message ait été entendu". "Il s'agit là d'un premier pas prudent vers un renforcement de notre compétitivité", se réjouit son administrateur délégué, Dominique Michel, dans un communiqué. "Nous avons insisté sur la nécessité de renforcer notre position concurrentielle et de réduire les dépenses publiques. De premiers pas prudents sont faits dans ces deux domaines. Le glissement d'impôt mis en oeuvre nous semble également équilibré", estime Dominique Michel.

Pour Comeos, l'accord de gouvernement "ouvre la voie à une modernisation du marché du travail et grâce à la nouvelle plate-forme e-commerce, nous pourrons enfin nous attaquer de manière structurelle aux problèmes qui minent notre commerce en ligne. Par ailleurs, les mesures annoncées pour l'horeca donneront un nouvel élan au secteur."

Si la fédération dit regretter la hausse annoncée des accises sur la tabac et l'alcool, elle dit également comprendre que "l'argent doit bien venir de quelque part".

L'essentiel aujourd'hui pour Comeos est que l'accord soit exécuté.

"Nous espérons que ces mesures permettront enfin de concrétiser la relance dont nos 400.000 travailleurs ont besoin. Le gouvernement disposera de cinq ans pour éliminer les handicaps structurels dont souffrent nos entreprises, à savoir l'écart salarial de 20% par rapport aux pays voisins et le manque de flexibilité du travail", conclut l'administrateur délégué.


L'IBSR aussi

L'Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) "se réjouit" de retrouver les principaux points de son mémorandum dans l'accord gouvernemental, rendu public jeudi, a indiqué son porte-parole Benoit Godart à l'agence de presse Belga. L'institut est notamment satisfait de l'intensification des contrôles routiers et de l'annonce d'une "simplification approfondie" du Code de la route. L'IBSR avait adressé son mémorandum cet été au monde politique et donc aux partis négociant la formation d'un nouveau gouvernement fédéral. Il y plaidait entre autres pour le renforcement des contrôles routiers.

L'institut "se réjouit" de retrouver dans l'accord gouvernemental les principaux points de son mémorandum et les ambitions chiffrées des derniers Etats généraux de la sécurité routière. Le gouvernement Michel Ier souhaite soumettre un conducteur sur trois à un contrôle d'alcoolémie, de consommation de drogue et de port de la ceinture. La coalition suédoise veut également effectuer 40 millions de contrôles de vitesse, sans préciser cependant s'il s'agit de chiffres annuels.

"Si on parvient à augmenter le risque de contrôle, le Belge adaptera son comportement au volant", commente Benoit Godart. "Il est également important d'améliorer l'analyse des accidents pour en comprendre les causes, comme le stipule l'accord."

Actuellement, la police fédérale de la route contrôle chaque année la vitesse d'environ 20 millions de véhicules à l'aide des radars mobiles, sans compter donc les statistiques des polices locales.

L'objectif des contrôles de conduite sous influence s'élève lui à un conducteur sur cinq et est atteint depuis quatre ans, précise Michaël Jonniaux, directeur de la police fédérale de la route. "Cela correspond à un 1,2 million de conducteurs, dont 20% sont contrôlés par la police fédérale et 80% par la police locale. L'objectif de contrôler un conducteur sur trois avait déjà été évoqué en 2011 mais nous avions déjà précisé que cela nécessiterait plus de moyens de contrôle, des procédures simplifiées et une augmentation du personnel."

L'IBSR est par ailleurs satisfait que l'accord évoque le permis à points, qu'il soutient avec le renforcement des mesures de contrôle et la "simplification approfondie" du Code de la route. "Il est devenu une succession d'articles qui n'ont plus rien à voir les uns avec les autres", confirme le porte-parole de l'IBSR. "Il est également nécessaire que le gouvernement fédéral garde une plate-forme de collaboration avec les Régions. L'IBSR peut tout à fait jouer ce rôle de trait d'union."