Jacqueline Galant voit le spectre de la démission s'éloigner un peu… Son parti, le MR, vient d'annoncer qu'il la soutenait sans réserve dans le "Clifford-gate". Pour rappel, la ministre de la Mobilité est sur le gril depuis plus de 15 jours suite à la désignation en 2014, sans mise en concurrence, du bureau d'avocats Clifford Chance dans le cadre du suivi juridique des dossiers relatifs aux voies aériennes. Très critiquée, y compris en interne au MR, la ministre passait ce matin son grand oral devant son président de parti Olivier Chastel, les autres ministres MR, les chefs de groupe, les vice-présidents du MR… Et ses explications semblent avoir convaincu. Pour le moment en tout cas.

"Pas de documents distribués"

" Elle a expliqué de manière succincte, sans donner de documents, comment ça s'était vraiment déroulé, comment la désignation du bureau d'avocats avait été faite , explique une source libérale qui a assisté à la scène. Elle a insisté sur un élément très important : il n'y a pas eu d'illégalités, juste une imprudence administrative. Elle a également expliqué qu'un appel d'offres dans l'attribution de la mission en question à un cabinets d'avocats n'était pas nécessaire. Plusieurs mandataires ont fait part de leurs soupçons lors du bureau : ils pensent qu'on a assisté ces derniers jours à une cabale contre la ministre de la Mobilité pour l'empêcher d'aboutir dans le dossier du survol de Bruxelles. "

Des remarques négatives de militants…

Par contre, le bureau du MR a évoqué avec Jacqueline Galant la lenteur avec laquelle elle a organisé sa défense. " C'est seulement ce matin que certain éléments sont sortis dans la presse, qui éclairent le dossier sous un autre jour , ajoute notre source. Mais elle a répondu qu'il avait fallu le temps que son cabinet rassemble toutes les informations. Plusieurs élus ont été interpellés par des militants au niveau local et ces personnes ont regretté le silence d'Olivier Chastel, président du parti, depuis le début de cette affaire. Pour la suite, elle réserve ses explications pour ce mardi, lors de sa nouvelle audition en commission au parlement. Elle veut montrer sa crédibilité, elle va éviter d'accuser Laurent Ledoux en se déchargeant sur l'administration. "

Pourtant, comme "La Libre" le révélait ce matin, il semble qu'elle pourrait produire des pièces accusant le patron du SPF Mobilité dans le cadre de la désignation de Clifford Chance sans mise en concurrence. Mais, à bonne source, on nous explique que la ministre les garde en réserve comme une épée de Damoclès pendant au dessus de la tête du top manager étiqueté CDH si lui-même devait attaquer sa ministre fonctionnelle lors de sa propre audition parlementaire mardi matin. Un sorte de deal implicite, autrement dit. Sauf coup de théâtre en commission demain, il semble donc que Jacqueline Galant puisse se maintenir à bord du gouvernement fédéral.


Jacqueline Galant entendue mardi au parlement

La ministre de la Mobilité Jacqueline Galant sera une nouvelle fois entendue demain/mardi après-midi en commission de la Chambre à propos de la gestion controversée par son cabinet de l'attribution d'une coûteuse mission à un cabinet d'avocats.

Auparavant, la commission aura entendu, mardi matin, le patron de l'administration du SPF Mobilité, Laurent Ledoux , avec lequel le cabinet a géré ce dossier non sans laisser apparaître quelques divergences de vues.

Enfin, le Premier ministre Charles Michel qui avait évoqué une "imprudence" dans le chef de sa ministre cependant réputée de "bonne foi", selon ses dires à la Chambre il y a deux semaines, sera entendu vendredi.

La conférence des présidents de la Chambre, qui fixe le calendrier des travaux de l'assemblée et de ses commissions, a pu prendre possession de documents relatifs à ce dossier.

Certains documents tels que l'avis de l'inspection des finances sont cependant toujours manquants. Ils devraient être à disposition des parlementaires ce lundi après-midi.