"Pierre Kompany est la cible constante de messages racistes répétés d'une violence inacceptable", dénonce la cheffe de groupe Céline Fremault.

Les six députés cdH du parlement bruxellois ont annoncé jeudi le dépôt d'une plainte pour incitation à la haine, injures racistes et harcèlement à l'égard de leur co-listier Pierre Kompany, par ailleurs bourgmestre de Ganshoren et père du Diable rouge Vincent Kompany. Selon leur cheffe de groupe Céline Fremault, depuis la diffusion, samedi dernier, d'une vidéo collective de l'ensemble des députés bruxellois CDH à propos du dépôt d'une résolution relative à l'Histoire et la Mémoire coloniale partagée, Pierre Kompany est la cible constante de messages racistes répétés d'une violence inacceptable.

Le CDH porte solidairement cette résolution sur le travail d'Histoire et de Mémoire coloniale partagée et notamment, la demande d'excuses éclairées en accord avec le président du parti Maxime Prévot et le bureau politique du CDH.

"Or, force est de constater pour le CDH que seul Pierre Kompany fait l'objet d'un traitement odieux qui s'apparente par ailleurs à du harcèlement", a souligné Céline Fremault.

"L'ensemble des députés CDH bruxellois - Bertin Mampaka, Véronique Lefrancq, Christophe De Beukelaer, Gladys Kazadi et Pierre Kompany - et moi-même comme cheffe de groupe, nous avons décidé de donner une suite judiciaire à ces expressions d'incitation à la haine et aux injures racistes par un dépôt de plainte soutenu par tous les membres du groupe politique. C'est ensemble qu'on ne doit rien laisser passer et c'est ensemble qu'il faut agir, d'autant que la question du racisme ne concerne pas que la victime. Elle relève d'une responsabilité collective", a-t-elle ajouté. Un cabinet d'avocats a été désigné pour mener à bien la procédure.

Trois Belges résidant au Congo convoqués par les autorités locales

Trois Belges résidant à Lubumbashi et à Kinshasa en République démocratique du Congo ont été convoqués par les autorités locales, a indiqué jeudi soir le ministère belge des Affaires étrangères. "Par notre ambassade à Kinshasa et le consulat général de Lubumbashi, nous sommes en contact avec trois Belges qui connaissent des problèmes actuellement et doivent répondre aux autorités compétentes sur place", a précisé un porte-parole des Affaires étrangères sans se prononcer sur le fond de l'affaire. "À ce stade, nous n'avons pas d'information sur une sanction éventuelle."

Plusieurs médias locaux rapportaient qu'entre trois et six Belges avaient été interpellés ces derniers jours en RDC, suspectés d'avoir tenu des propos dénigrants à l'égard du bourgmestre de Ganshoren Pierre Kompany, d'origine congolaise. Ce dernier a récemment affirmé qu'il fallait que la Belgique s'excuse pour son passé colonial, une position qui est mal passée auprès de Belges résidant sur place et qui l'ont fait savoir sur les réseaux sociaux.

Une association citoyenne congolaise notamment a critiqué à son tour de telles réactions. "Nous avons constaté les propos les plus condamnables qui vont au-delà de la liberté d'opinion à cause de leur caractère raciste, dénigrant et à connotation néo-colonialiste", a ainsi écrit le Panel des experts de la société civile dans un communiqué daté du 22 juin.

Interrogé par la RTBF sur des Belges convoqués par les autorités congolaises, le bourgmestre de Ganshoren Pierre Kompany a indiqué que ce qui pouvait se passer ailleurs n'était pas de son ressort avant de préciser que, selon lui, deux Belges résidant à Lubumbashi et deux à Kinshasa devaient s'expliquer face aux autorités. "Je n'aimerais pas être à leur place, mais eux-mêmes ne vivent pas ce que je vis", a-t-il commenté. Toujours d'après des médias locaux, une mesure d'expulsion pourrait être prise à l'égard de ces quelques Belges.