Christian Van Eyken ne veut pas croire à une volonté de court-circuitage mais la liste UF a connu des avatars surprenants.

Al’instar du N-VA (ex-VU) Kris Van Dijck, Christian Van Eyken, le seul élu francophone au Vlaams parlement pourra y fêter l’an prochain 20 ans de présence. Mais il s’en est fallu de fort peu - on parle de quelque 75 voix - que l’Union des Francophones n’aie plus de représentant, la barre fatidique des 5 % n’ayant été atteinte qu’in extremis. Forcément heureux de pouvoir continuer son combat pour la minorité francophone au Vlaams parlement, "tout en (se) préoccupant du quotidien de tous les habitants de la périphérie parfois négligés par les autorités régionales", Christian Van Eyken se pose néanmoins de sérieuses questions. "Je suis et reste convaincu que nous pourrions doubler notre présence, mais certains dysfonctionnements m’amènent à m’interroger si certains l’admettraient…"

Et de citer les témoignages d’électeurs francophones qui n’ont pas pu retrouver l’UF sur la présentation électronique… "Ils ont vraiment dû chercher car le sigle que nous avions déposé n’apparaissait pas; pire, la liste y figura dans des caractères qu’on disait peu lisibles. Je n’accuse personne mais à côté de cela il y a eu aussi le fait que quatre de nos candidates effectives, qui souhaitaient voir apparaître tant leur nom de femme mariée que leur nom de jeune fille n’apparurent sur les bulletins et écrans qu’avec leur seul nom de jeune fille. Et ce alors que la plupart d’entre elles ont fait campagne sous leur nom de femme mariée."

La polarisation PS-N-VA a induit l’électeur en erreur

Sans oublier encore l’une ou l’autre faute d’orthographe fort interpellante… Mais bon, pour Christian Van Eyken, le faible nombre de voix pour l’Union des Francophones doit peut-être aussi être rattaché à "l’hyper-polarisation de la campagne qui a laissé penser à d’aucuns que c’était un match entre le PS et la N-VA et leurs modèles respectifs alors qu’ils ne se rencontraient, et encore, dans les urnes qu’à Bruxelles".

Le député se dit aussi effaré que certains aient suggéré de voter pour des candidats flamands contre la N-VA plutôt que pour la liste francophone. "Notre combat pour l’identité francophone va d’ailleurs au-delà."

Reste à dire que 52,5 % des électeurs des communes à facilités de la périphérie bruxelloise, réunies au sein du canton de Rhode-Saint-Genèse, ont choisi d’attribuer leur voix aux listes de la circonscription bruxelloise. Quelque 8 % ont voté pour une liste flamande.