"Les entités fédérées ont créé le mandat définitif et réussi le double tour de force d’hyperpolitiser la structure et d’imposer le silence" aux fonctionnaires récalcitrants, dénonçait lundi le Gerfa, le Groupe d’étude et de réforme de la fonction administrative. Ce dernier propose dès lors de "revoir le système en permettant une saine désignation des hauts responsables sur la base de leurs mérites et leurs compétences". Le Gerfa est parti d’un constat : à l’analyse du renouvellement des mandats au SPW - le Service public de Wallonie qui compte 10 000 agents - et au MCF, le ministère de la Communauté française et ses 6 000 agents, il apparaît que 94 % de mandataires ont gardé leur fonction au SPW (16 sur 17), et que 92 % de mandataires ont été maintenus au MCF (34 sur 37).

Or, "quand le système de mandats a été instauré en Région wallonne et en Communauté française, il avait pour objectif de sélectionner les mieux adaptés et les plus compétents pour la fonction à pourvoir, d’assurer une certaine rotation des fonctions de haute direction et un rajeunissement de la fonction publique", rappelle le groupe.

Le renouvellement quasi systématique des mandats "veut donc dire a priori que ces mandataires ont rempli leur mission avec la plus grande compétence, que les services publics ont très bien fonctionné et qu’il n’y a donc aucune critique fondamentale à formuler", ironise-t-on au Gerfa.

En réalité, "tout est biaisé, puisque les mandataires sont évalués par les politiques et par le sommet de la hiérarchie entièrement politisé. Comme la plupart des mandataires sont également politisés, on assiste à une cooptation des différents acteurs. Les ministres adoubent le secrétaire général qui adoube les directeurs généraux (SPW) ou administrateurs généraux (MCF) qui adoubent à leur tour les inspecteurs généraux (SPW) et les directeurs généraux adjoints (MCF)", détaille le Gerfa.

Et "quand un mandataire passe à la trappe, c’est parce que son parti a été éjecté du pouvoir (1 CDH au SPW et 1 CDH au MCF) ou que le fonctionnaire n’a pas adopté le profil prévu, ce qui est rare", poursuit-il.