Les informations que livre en primeur “La Libre” sur le cours des négociations politiques sont importantes et doublement révélatrices.

1) D’abord, les pistes de régionalisation évoquées par les partis flamands autour de la table vont très loin. Si, vendredi, Elio Di Rupo parlait – ce qui a frappé tout le monde – d’“un centre de gravité qui va se déplacer vers les entités fédérées”, c’est plutôt de dépeçage de pans entiers du fédéral dont il faut parler.

Certes, un confrère flamand nous confiait que l’exaspération montait au Nord face à l’immobilisme des francophones. Et il ajoutait : “il faut maintenant que Di Rupo se mouille et fasse lui-même des propositions”. Du côté francophone, en revanche, on s’émeut du jusqu’au-boutisme exprimé en Flandre, qui est surtout le fait de la NV-A. Et certains négociateurs du Sud de remarquer que c’est surtout le PS qui aurait tendance à faire (trop ?) de pas vers les revendications nordistes, sous la pression sans doute de son président qui veut absolument entrer au 16.

2) Contrairement à ce qui se passait pendant les premières semaines de négociations où le secret était passé au niveau du culte – signe d’une volonté réciproque d’aboutir – les langues commencent à se délier. Tant d’un côté que de l’autre d’ailleurs. Ce qui montre que des fissures sont apparues ici et là et que certains se disent que ce n’est plus le temps de parier sur les chances de réussite, mais déjà d’imputer l’échec aux autres.