Les informateurs, Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V), poursuivront leur travail en vue de déterminer les possibilités d'un terrain d'entente entre les socialistes et la N-VA, a indiqué lundi M. Coens après avoir fait un rapport intermédiaire au Roi.

"J'entends dire que tout le monde veut parler de contenu, et bien on va le faire", a-t-il ajouté.

Une rencontre a eu lieu dimanche entre le PS et les nationalistes flamands. Elle ne paraît pas avoir permis de rapprocher les points de vue, si l'on en croit le commentaire que faisait dans la matinée le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS). "La N-VA n'accepte rien de ce que nous préconisons comme étant des éléments essentiels pour nos concitoyens dans le domaine social", a-t-il expliqué sur les ondes de La Première (RTBF) tandis qu'en coulisses, des socialistes francophones parlaient de "façadisme" de la part des nationalistes après leur ouverture d'il y a huit jours. Il n'y a manifestement pas de rapprochement sur les questions du marché du travail, des pensions et de la sécurité sociale. Quant aux revendications institutionnelles de la N-VA, elles n'auraient pas non plus varié, ce qui est un problème également pour les autres partis francophones, à commencer par le MR.

M. Coens, président du CD&V, a nuancé cette impression négative. "Je suis un peu étonné. Bien sûr, chacun dit ce qu'il veut mais l'atmosphère était bonne", a-t-il affirmé.

Le 28, au plus tard, les informateurs royaux feront leur rapport final au Roi. Ils sont restés discrets sur les possibilités de coalition qui s'offrent à eux et l'étape que pourrait franchir le processus de formation d'un gouvernement fédéral. Actuellement, dix partis sont toujours dans la course.

"On ne peut pas continuer à dix indéfiniment", a fait remarquer M. Bouchez avant d'ajouter: "le PS et la N-VA sont les premiers partis de leur communauté mais ils ne peuvent pas non plus bloquer le jeu à l'infini".

A plusieurs sources, l'on entend ces derniers jours qu'il ne fallait plus exclure que le président de la N-VA, Bart De Wever, prenne le relais des deux informateurs. Tant que le leader des nationalistes n'aura pas reçu une mission royale, la formation d'un gouvernement ne passera pas à une phase décisive, soulignait-on.

Les informateurs n'ont pas voulu se prononcer sur cette hypothèse. Le CD&V répète pourtant depuis plusieurs semaines qu'il veut une coalition fédérale reposant sur une majorité en Flandre. Or, cela n'est pas possible sans la N-VA. La semaine passée, la vice-ministre-présidente flamande CD&V, Hilde Crevits, disait d'ailleurs qu'il était difficile de lâcher les nationalistes tant que ceux-ci étaient prêts à discuter.

Lundi matin, M. Di Rupo a appelé le CD&V à faire un choix: l'unité du pays ou sa rupture.

"C'est un peu exagéré. Chaque parti a un morceau de la clé en mains", a répliqué M. Coens.

Le président du CD&V a exprimé sa lassitude devant la propension des partis à se refiler le valet puant. "Ce n'est pas un jeu de cartes", a-t-il dit.