Le gouvernement néerlandais souhaite mettre fin dès 2022 - au lieu de 2030 comme initialement envisagé - à l'exploitation du gaz naturel provenant d'un énorme gisement situé dans la région de Groningue (nord des Pays-Bas) et qui alimente notamment la Belgique, a indiqué mardi le ministre de l'Economie et du Climat, Eric Wiebes.

Pour la prochaine année gazière, qui débute en octobre, M. Wiebes souhaite ramener l'extraction à un niveau inférieur à la limite de sécurité de 12 milliards de mètres cubes, au lieu de 15,9 milliards de m3 comme envisagé initialement. Des mesures supplémentaires pourraient ramener l'extraction de gaz à zéro dès 2022, a précisé le ministre dans une lettre au parlement.

Il a confirmé sa promesse antérieure de fournir, d'ici le 1er octobre, davantage d'informations à la seconde Chambre (la chambre basse du parlement néerlandais) à propos de la prochaine année gazière, qui court jusqu'en octobre 2020.

M. Wiebes, membre du parti libéral VVD du Premier ministre Mark Rutte, a toutefois ajouté qu'il maintenait ouverte l'option de recourir au gaz naturel du gisement de Groningue - aussi appelé de Slochteren, le plus grand de l'Union européenne - en cas d'hivers extrêmement froids.

Ce gisement assure deux tiers de la production de gaz aux Pays-Bas, 10e producteur mondial, selon l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Mais son exploitation provoque des séismes de faible magnitude mais proches de la surface, dus aux poches de vide formées sous terre une fois le gaz extrait. Ceux-ci causent de nombreux dégâts aux fermes ou bâtiments historiques.

L'organisme public de surveillance des mines néerlandaises avait conseillé l'an dernier à l'Etat de réduire de près de la moitié les extractions, soit de passer de 21 milliards de m3 à 12 milliards de m3, pour préserver la sécurité des habitants de la région. Les extractions s'élevaient encore à 53,9 milliards de m3 en 2013.

Les Pays-Bas ont progressivement réduit leur production gazière, augmentant leurs importations. Mais ils sont contraints à ajouter de l'azote au gaz importé, afin de le rendre adapté aux besoins des consommateurs néerlandais.

M. Wiebes a ajouté qu'il souhaitait interdire aux neuf plus grands consommateurs (industriels) d'encore utiliser du gaz de Groningue après octobre 2022.

La Belgique est un important consommateur de gaz néerlandais puisque environ un tiers du gaz consommé dans le pays vient des Pays-Bas, soit 5 milliards de mètres cubes par an. Il s'agit de gaz naturel dit "pauvre", à faible pouvoir calorifique. La Belgique s'est lancée dans un vaste mouvement d'adaptation, d'ici 2030, de 1,6 million de compteurs afin que ceux-ci puissent fonctionner avec du gaz "riche", à haut pouvoir calorifique.

La ministre démissionnaire de l'Energie, Marie Christine Marghem (MR), s'est voulue rassurante, mardi, après l'annonce faite par M. Wiebes.

"Notre approvisionnement est solide et diversifié", a-t-elle affirmé à l'agence Belga en rappelant que la Belgique importait, outre les 30% de sa consommation provenant des Pays-Bas, du gaz provenant de Norvège, de Russie et du Qatar, dans ce cas sous forme liquéfiée, via le port de Zeebrugge.

M-C. Marghem se veut rassurante quant à l'approvisionnement en Belgique

La ministre démissionnaire de l'Energie, Marie Christine Marghem (MR), s'est voulue rassurante, mardi, après l'annonce. "Notre approvisionnement est solide et diversifié", a-t-elle affirmé à l'agence Belga en rappelant que la Belgique importait, outre les 30% de sa consommation provenant des Pays-Bas, du gaz provenant de Norvège, de Russie et du Qatar, dans ce cas sous forme liquéfiée, via le port de Zeebrugge.

Mme Marghem a ajouté avoir chargé son administration d'étudier "cette nouvelle donne", après l'annonce faite mardi à La Haye par le ministre de l'Economie et du Climat, Eric Wiebes.

Elle a également rappelé que la Belgique était en train de passer, pour la consommation des ménages, du gaz pauvre - comme celui extrait du gisement de Slochteren, près de Groningue (nord des Pays-Bas) - au gaz riche provenant d'autres pays.

"Il y a suffisamment de gaz" disponible, a pour sa part indiqué le gestionnaire du réseau gazier belge, Fluxys.