Vendredi, après quatre heures de discussion dans un climat "serein", les décideurs politiques ont présenté les nouvelles mesures sanitaires en vigueur sur l’ensemble du territoire belge. Dès l’entame de son allocution, Alexander De Croo a épinglé l’évolution positive des chiffres de contamination dans notre pays par rapport à la tendance européenne, mais a immédiatement rappelé l’absolue nécessité de "bâtir des remparts contre l’importation du virus et de ses formes mutantes". Voici les mesures annoncées :

1. L’interdiction temporaire des voyages touristiques à l’étranger

Dès le mercredi 27 janvier, et ce, jusqu’au 1er mars, les voyages dits "non essentiels" hors des frontières de la Belgique seront interdits. Le régime est le même qu’il s’agisse de ceux qui entrent ou de ceux qui sortent du pays. Ceci étant, encore faut-il savoir ce que l’on entend par "voyages non essentiels". Le Comité de concertation a établi une liste de cinq exceptions qui autorisent les Belges à voyager durant cette période d’un peu plus d’un mois : la raison professionnelle, les études (par exemple, un étudiant luxembourgeois qui étudie à Bruxelles pourra toujours traverser la frontière), la raison humanitaire (l’aide à une personne dans le besoin), les impératifs familiaux (la maladie ou le décès d’un proche) et, enfin, les visites de parents séparés qui ont des enfants en garde partagée vivant dans un pays frontalier. Ces personnes autorisées à sortir de la Belgique pour se rendre à l’étranger devront présenter une déclaration sur l’honneur. Si celles-ci reviennent d’une zone rouge, elles devront respecter une quarantaine de dix jours et non plus de sept jours. À noter également que les habitants transfrontaliers seront, quant à eux, encore autorisés à passer la frontière sans se soumettre à la quarantaine mais pour une durée maximale de 48 heures. À partir de ce lundi 25 janvier, tous les voyageurs entrant dans notre pays en provenance du Royaume Uni, de l’Afrique du Sud ou de l’Amérique du Sud devront obligatoirement respecter une quarantaine de dix jours et réaliser un test PCR le premier et le septième jour de cette quarantaine.

2. La réouverture programmée des métiers de contact non médicaux

Si la situation sanitaire ne se détériore pas au cours des prochaines semaines, les métiers de contact non médicaux (coiffeurs, esthéticiens, tatoueurs, agents immobiliers) pourront rouvrir leurs portes à partir du 13 février. À ce stade, il ne s’agit donc ici que d’une perspective. Le Comité de concertation entérinera (ou non) celle-ci dans deux semaines, soit lors du Comité de concertation du 5 février. Cette réouverture programmée des professions de contact non médicales ne sera possible que dans le respect des protocoles existants, assortis d’une série de mesures supplémentaires comme l’obligation de pratiquer les soins sur rendez-vous uniquement, l’enregistrement obligatoire des rendez-vous, l’obligation pour les clients d’attendre à l’extérieur et celle de laisser les portes et fenêtres ouvertes à tout moment, sauf en cas de présence d’un compteur de CO2 permettant de surveiller en temps réel la concentration de CO2 dans la pièce. Les enfants de moins de 13 ans pourront être accompagnés d’un adulte et ne devront pas porter de masque, contrairement à ce qui avait été avancé plus tôt.

En ce qui concerne les autres secteurs tels que l’Horeca, l’événementiel ou encore le secteur culturel, ils devront encore s’armer de patience pour un temps, a laissé entendre vendredi le Premier ministre. Ce dernier a par ailleurs annoncé que le gouvernement fédéral va prolonger les mesures de soutien à ces secteurs et en prendre d’autres encore pour le secteur aérien et des voyages.

3. Le statu quo dans l’enseignement et un mot à l’adresse de la jeunesse

Enfin, on notera qu’aucune nouvelle mesure n’a été prise pour les écoles. L’enseignement en hybridation (50 % en présentiel/50 % en distanciel à partir de la troisième secondaire) reste en vigueur en Fédération Wallonie-Bruxelles. L’allongement de la durée des vacances de Carnaval n’est pas à l’ordre du jour au nord ni au sud du pays. En guise de conclusion, Alexander De Croo a adressé un message à l’adresse des jeunes qui subissent de plein fouet les effets de la crise. "Nous sommes conscients que vous traversez une période très difficile. Chacun en a plein le dos du coronavirus. Si vous vivez des situations compliquées, discutez-en, sortez de chez vous […] Nous vous demandons un dernier effort, parce que si nous unissons nos forces, nous pourrons voir la lumière au bout du tunnel. Nous pourrons débuter la période la plus belle de notre vie, durant laquelle nous pourrons à nouveau vivre sans réfléchir."