"Je suis droite dans mes bottes", soutient-elle. Mme Ait Daoud précise dans cette interview que les autorités communales ne lui ont pas non plus demandé de démissionner.

Selon l'échevine, ce n'est qu'en février que sont apparus les premiers signes d'une situation anormale, lorsqu'elle a reçu l'audit commandé par les membres du conseil d'administration de Let's Go Urban (LGU). Elle n'était alors déjà plus en charge de la Jeunesse. "Le conseil d'administration ne nous a jamais rien signalé à ce sujet", insiste-t-elle.

Nabilla Ait Daoud dément également toute relation amicale avec la députée flamande Sihame El Kaouakibi, la fondatrice de LGU. "Nous entretenions uniquement des contacts professionnels", affirme Mme Ait Daoud.

Sihame El Kaouakibi est sous le feu des critiques, certaines accusations pointant que d'importantes sommes d'argent accordées à l'ASBL dans le cadre de subsides communaux auraient été détournées au profit d'autres activités de l'élue N-VA. Un audit de la ville d'Anvers sur ces possibles malversations financières fait explicitement référence à une lettre datant du 8 juin 2018 écrite par Sihame El Kaouakibi au bourgmestre Bart De Wever (N-VA). Elle y demandait de l'argent pour pouvoir mettre en place des projets ambitieux.

Le contenu de la lettre, qui a fait l'objet d'une fuite dans le journal De Standaard, indiquerait également une responsabilité du bourgmestre anversois, en charge du portefeuille du Développement après le départ prématuré de l'échevin Rob Van de Velde (N-VA). M. De Wever n'a pas répondu à la lettre mais, quatre mois plus tard, le collège échevinal anversois doublait le budget d'investissement pour la construction d'un nouveau bâtiment pour l'ASBL, l'Urban Center, passant d'une enveloppe de 1,2 million d'euros à 2,4 millions d'euros.

Pour l'échevine, la confiance que la Ville accordait à Mme El Kaouakibi et à Let's Go Urban a probablement été abusée.

L'audit mettait aussi en évidence un manque de contrôle, une faille qui a déjà été comblée selon Nabilla Ait Daoud. "L'audit a révélé une série de défauts du système que nous étions déjà en train d'éliminer", souligne-t-elle.

Lundi, le collège des échevins anversois a décidé de mettre un terme à la collaboration de la Ville avec l'ASBL. Il doit à présent se pencher sur la continuité des activités pour les jeunes au sein de l'Urban Center. "C'est très important que le district de Kiel continue à disposer d'un centre de jeunesse, où les jeunes défavorisés peuvent trouver une place", souligne Mme Ait Daoud.