Politique belge

Repéré il y a 15 ans par Elio Di Rupo, Jean-Charles Luperto aurait sans doute pu se forger une belle carrière politique. Mais ce jeune homme raffiné et râleur à ses heures n’a jamais dépassé le statut d’éternelle promesse.

Il a à peine 20 ans quand il se présente à ses premières élections et se fait élire conseiller communal à Sambreville. Il polit alors les bancs des auditoires de l’ULB où il étudie le journalisme avant d’y faire une licence en criminologie. Toujours tiré à quatre épingles, homosexuel assumé, le jeune homme dénote un peu parmi les socialistes. C’est pourtant son biotope naturel. Son grand-père italien a travaillé dans la mine. Son père était ouvrier.

A la fin de ses études, en 1999, il intègre le groupe PS à la Chambre comme conseiller. Il est chargé de suivre la commission de l’Intérieur et de la Fonction publique. En 2000, sa carrière prend une nouvelle dimension. Deuxième meilleur score de la liste PS au scrutin communal, il est propulsé échevin de l’Enseignement. Il va alors jouer les hommes providentiels à la tête de l’hôpital d’Auvelais alors en mauvaise posture. Il redresse l’institution.

C’est en 2004, à 30 ans, qu’il fait son entrée au Parlement wallon. Il est sans doute un peu tendre pour devenir tout de suite ministre. Mais chacun voit en lui un futur homme clé du PS. Surtout qu’il est alors bien dans les papiers du président du parti Elio Di Rupo. Mais les choses se gâtent en 2007 à cause d’une blague de potache qu’il joue à Joseph Daussogne, le bourgmestre de la commune voisine de Jemeppe-Sur-Sambre. Sur un ton menaçant, Jean-Charles Luperto annonce à sa victime que sa maison va brûler. Jospeh Daussogne trouvera la blague tellement glauque qu’il portera plainte contre le député wallon devenu également bourgmestre de Sambreville en 2006. Il se chuchote que cette plaisanterie d’un goût douteux lui a coûté un poste de ministre en 2009. Le perchoir du Parlement de la Communauté française qui lui est confié à la place le consolera à peine.