L'informateur royal Paul Magnette a demandé lundi au Roi d'être déchargé de sa mission, quelques semaines après l'avoir commencée, après le dépôt de la version finale de son rapport au souverain.

Après les duo Reynders-Van de Lanotte et Demotte-Bourgeois, Paul Magnette a demandé d'être déchargé de sa mission un peu plus d'un mois après avoir été nommé par le Roi. Un Roi, dont la position délicate est vivement commentée par la presse flamande. Voici une revue de presse de ce que pensent les éditorialistes du nord du pays, au lendemain de la remise du rapport final de Paul Magnette au souverain.

Het Nieuwsblad

"La mission était désespérément compliquée et elle ne s'est pas améliorée", déplore le quotidien flamand, qui juge l'actualité politique comme "une mauvaise pièce de théâtre". "En raison de sa stratégie, Paul Magnette est en partie responsable car il ne s'est tourné que vers l'Open VLD pour tenter de former un gouvernement sans la N-VA", continue-t-il.

Het Belang van Limburg

Le quotidien limbourgeois sent un "Parfum de crise" (en français dans le texte) régner sur le pays et pointe la complexité de l'échiquier politique. Il relève aussi les possibilités qui se présentent désormais au Roi : soit la prolongation de la mission de Paul Magnette, soit la nomination de Koens Geens (CD&V), qui pourrait tâter le terrain du côté de la N-VA et étudier ainsi la possibilité d'une coalition incluant les nationalistes flamands.

Het Laaste Nieuws

Le journal le plus lu au nord du pays, Het Laatste Nieuws, parle lui aussi de "parfum de crise qui commence progressivement à prendre le dessus à la rue de la Loi" et déplore le temps perdu depuis les élections du 26 mai. "Le pays est au même stade qu'après les élections de mai dernier, c'est-à-dire nulle part". HLN regrette que l'ensemble des partis ne pensent qu'à leurs intérêts personnels, tout en délaissant ceux du pays.

Par ailleurs, le quotidien plaint le rôle du Roi ("Arme koning der Belgen", "Pauvre roi des Belges") et s'adresse au souverain directement :"Sire, votre pays vous échappe un peu plus chaque jour". Et de terminer, en français : "On ne sait pas où l'on va, mais on y va tout droit."

Gazet van Antwerpen

"Le seul avantage de l'impasse politique dans laquelle le pays est plongé est que nous avons peut-être touché le fond", commente le quotidien anversois. Comprenez qu'on ne pourrait pas tomber plus bas. Pointant les profondes divisions qui règnent dans notre pays (entre les partis et les communautés), et les scénarios possibles (arc-en-ciel sans la N-VA ou une coalition avec les nationalistes), le journal se demande dans son éditorial ce "que doit faire désormais ce pauvre Roi, dans son majestueux palais, en tant que 'prince' d'un pays désespérément divisé ?"

"Tout cela sonne comme le début d'un conte de fées", explique-t-il. "Mais dans ceux-ci, on ne parle jamais de confédéralisme ou de réformes de l'État. Et les contes de fées, eux, se terminent généralement bien", conclut le quotidien anversois.