Les annonces faites, ce jeudi, par l'informateur royal Paul Magnette ont été scrutées et commentées dans les journaux flamands. Voici une revue de presse du nord du pays.

Même si Paul Magnette a évalué ses chances de réussite à deux sur dix, l'éditorialiste du Laatste Nieuws enjoint ses lecteurs à ne pas "sous-estimer" le socialiste. "Avec une présence et une aisance dont tout autre politicien belge est secrètement jaloux, il s'est lancé hier comme informateur", écrit Jan Segers, qui vante le "néerlandais excellent" du Carolo.

L’éditorialiste prévient tout de même : "Il devra se débarrasser de sa peau de président polarisant et polémique du Parti socialiste au profit de celle d'informateur. Ce n'est pas facile, car Paul Magnette suscite surtout la suspicion en Flandre, pas la confiance (...) Il va maintenant devoir charmer les partis flamands, pas les alarmer."

Dans le Nieuwsblad, Pieter Lesaffer estime que la tentative de former une coalition alliant PS et N-VA était "une voie sans issue". "Dans une telle situation, la seule solution est d'essayer une autre rue, même si cela s'avère temporaire."

Lui aussi insiste sur l'aspect personnel : "Du côté flamand, Magnette est beaucoup mieux perçu qu'Elio Di Rupo, même s'il est au moins aussi à gauche et encore plus dogmatique que son prédécesseur". Pieter Lesaffer prévient qu'il y a encore "beaucoup d'embûches".

Bart Haeck, dans De Tijd, souligne que, même si le socialiste a annoncé un changement d'approche (d'abord discuter du contenu d'un accord avant d'envisager quels partis formeront une majorité), il n'en est rien, ou presque. "Tout cela sonne bien, mais si vous lisez les mots, vous verrez à quel point peu de choses ont changé."

"Au début de cette semaine, on s'attendait à ce que le roi gagne du temps en recevant tous les présidents de parti. La surprise qu'il ait nommé Magnette à titre d'informateur n'en est pas une, à bien y réfléchir. Le roi gagne simplement du temps, d'une manière différente", estime le quotidien économique.

Dans un article intitulé "Magnette invite à nouveau dix personnes au café", De Standaard juge lui aussi que "la méthode que Magnette préconise est la même que celle des informateurs précédents, Johan Vande Lanotte (SP.A) et Didier Reynders (MR)". Le quotidien ajoute toutefois que "contrairement à Vande Lanotte, Magnette n'est pas une éminence grise sans intérêts majeurs dans la formation ; c'est un président de parti qui peut jouer une partie de poker avec engagement. Il fait la même chose avec un style et une urgence différents".

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