Pour le président des FDF Olivier Maingain, en se divisant sur le discours du Roi, les partis de la majorité "offrent un boulevard à la N-VA". M. Maingain voit aussi dans cette polémique la preuve que la 6e réforme de l'Etat n'a pas stabilisé l'Etat.

Le discours du Roi à l'occasion de la nouvelle année, dans lequel Albert II a condamné le populisme et fait référence aux années '30, agite le monde politique et les médias. Les commentaires des uns et des autres ont laissé apparaître des failles dans la majorité. Pour M. Maingain, cette situation offre un boulevard à la N-VA dont le succès est alimenté par les désordres dans la majorité.

M. Maingain est aussi d'avis que cette polémique est la preuve que la 6e réforme de l'Etat négociée avant la formation de l'actuel gouvernement n'a pas stabilisé durablement l'Etat belge. Le président des FDF souligne d'ailleurs que tout le débat autour de la notion de confédéralisme n'a pas beaucoup de sens. "Cessons ce débat sémantique. La 6eme réforme de l'Etat a des tendances confédéralistes, dans le mesure où, de l'avis même de ceux qui l'ont négociée, elle déplace le centre de gravité de l'Etat central vers les entités fédérées", dit-il.

A propos de cette 6e réforme de l'Etat, il stigmatise d'ailleurs le fait que les partis francophones - qu'il qualifie d'apprentis sorciers - examinent maintenant seulement quel niveau de pouvoir devra gérer les compétences transférées.

Maingain prône une approche territoriale de la Fédération

Olivier Maingain a présenté mardi dans les locaux du parlement fédéral son projet de manifeste pour les "Fédéralistes démocrates francophones" dans lequel il défend une approche territoriale de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le 20 janvier prochain, les FDF doivent désigner leur président. L'élection se fera lors d'un congrès qui se tiendra à Auderghem. Olivier Maingain, président sortant, est opposé pour l'occasion au député bruxellois Emmanuel De Bock.

Il a présenté mardi le projet de manifeste qu'il défend dans le cadre de cette élection. Il y affirme notamment que les FDF sont des "libéraux sociaux" et des fédéralistes. En matière institutionnelle, il défend une approche territoriale de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il avoue lui-même que l'acceptation de cette logique territoriale constitue "le fait majeur de ce manifeste".

Et d'expliquer qu'isolés, Bruxelles et la Wallonie n'auront pas les capacités indispensables pour gérer les matières qui leur seront transférées dans le cadre de la 6e réforme de l'État. "Ce n'est qu'ensemble que nous disposerons de la masse critique nécessaire". "La notion de Communauté basée sur une communauté culturelle et de langue est dépassée", ajoute M. Maingain. Il en vient dès lors à une conception territoriale de la Fédération regroupant les Wallons, les Bruxellois y compris les Flamands de Bruxelles et les Germanophones s'ils le désirent, avec une alternance pour le poste de ministre-président.

Pour lui, beaucoup de choses peuvent déjà se faire dans le cadre institutionnel actuel via des accords de coopération et une meilleure coordination. Pour aller plus loin, il faudra certes l'accord des Flamands, mais en la matière M. Maingain défend l'idée que face aux revendications flamandes les francophones doivent pouvoir défendre les leurs. "Je reproche moins aux Flamands de savoir ce qu'ils veulent - même si cela ne nous est pas toujours favorable - qu'aux francophones de ne pas savoir ce qu'ils veulent pour eux-mêmes", dit-il à ce propos.

"Les Flamands veulent le confédéralisme à deux. Et bien oui. Nous pouvons négocier sur cette base. Mais alors ce sera sans Bruxelles qui fera partie intégrante de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté flamande n'aura plus rien à dire à Bruxelles", ajoute-t-il. M. Maingain a aussi souligné à cette occasion que la 6e réforme de l'État était incontestablement un pas vers le confédéralisme dans la mesure où, de l'aveu même de ceux qui l'ont négociée, elle déplace le centre de gravité de l'État central vers les entités fédérées.

Il considère dès lors la discussion actuelle autour du discours du Roi et du programme de la N-VA comme un débat sémantique sans grand intérêt. Par contre, il critique fermement l'attitude des partis francophones qui viennent d'entamer des discussions pour savoir quel niveau de pouvoir devra assumer les compétences qui seront prochainement transférées.

Dans ce manifeste, Olivier Maingain réaffirme son attachement à la laïcité de l'État et avance plusieurs idées pour garantir une meilleure gouvernance. Sur ce dernier point, il préconise que quelqu'un qui sort d'une charge publique soit obligé d'attendre cinq ans avant d'entrer dans le conseil d'administration d'une entreprise privée. Il plaide aussi pour un décumul total des mandats à la condition que les mandats, notamment locaux, soient correctement rémunérés.

Dans ce cadre, il faudrait aussi diminuer le nombre total de mandats.