Baromètre La Libre/RTBF/Dedicated

Le dossier du Kazakhgate a mis en lumière les risques qu’il y a de mener de front une carrière politique et une profession, notamment d’avocat, les risques de conflits d’interêt n’étant pas minces.

C’est la raison pour laquelle La Libre, la RTBF et Dedicated ont demandé à un échantillon de 2813 personnes de se prononcer pour ou contre le fait que nos hommes et femmes politiques exercent un métier en parallèle avec leur mandat électif.

Eh bien, les Belges sont très majoritairement hostiles à ce cas de figure.

Leur opposition est massive lorsqu’il s’agit de ministres ou sde ecrétaires d’Etat dans le gouvernement fédéral (73% ne sont pas du tout d’accord ou sont plutôt pas d’accord) ou dans un gouvernement régional ou communautaire. (72%)

Leur rejet d’une telle situation est presque aussi fort quand c’est un parlementaire fédéral (69%), le bourgmestre d’une ville (68%) ou un parlementaire régional ou communautaire (65%) qui est concerné. Leur mansuétude est à peine plus grande s’agissant de l’échevin d’une ville (60%).

Le taux de tolérance est toutefois nettement plus grand pour le bourgmestre d’une commune (46% des sondés acceptent le cumul contre 44% qui le rejettent) et pour un échevin d’une plus petit entité (52% n’y voient rien à redire contre 37% qui tiquent).

C’est à Bruxelles que l’on recense les citoyens les moins sévères. Par exemple, 67 et 69% des Bruxellois n’admettent pas le cumul pour les ministres du fédéral et d’un gouvernement régional ou communautaire alors qu’ils sont respectivement 74 et 73% en Flandre et 73 et 71% en Wallonie.

Le reste est à l’avenant, les Flamands étant systématiquement les plus rétifs à ce que nos élus “s’éparpillent”.


Un métier à part entière

Mais pourquoi ce rejet ? Pour 45% des personnes interrogées, la politique est un métier à part entière et celui qui le pratique doit le faire à temps plein s’il veut bien l’exercer; pour 42%, cumuler deux fonctions crée des risques de conflits d’intérêt; pour 35%, si on se lance en politique, c’est pour s’y consacrer à 100% et pour le même pourcentage, on ne peut efficacemment se partager entre deux activités. Les différences de perception entre sondés des trois régions sont très minces.


Un peu de lest

Pour autant, même si 42% des sondés ne voient aucune justification au moindre cumul, certains estiment que l’on peut admettre le cumul d’un mandat politique et d’un métier.

Dans 21% des cas (23 à Bruxelles) parce que certains mandats politiques ne s’exercent pas à temps plein; dans 20% des cas (24 à Bruxelles) parce que pour une majorité d’élus communaux d’entités de moins de 30.000 habitants, il est nécessaire d’avoir un job “à côté” pour atteindre un salaire décent; dans 14% des cas (20 à Bruxelles) parce qu’il existe des métiers qui n’entraînent pas de risques de conflits d’intérêt aux yeux des personnes interrogées; dans 10% des cas (14 à Bruxelles) parce qu’il est bon que les mandataires politiques conservent un ancrage dans la vie de tous les jours par le biais de l’exercice d’une profession.

Mais cette façon plus permissive de voir les choses est minoritaire et limitée à certains cas d’espèce.