Une « task force » composée de la Creg, d'Elia, d'Electrabel ainsi que des cabinets Michel et Marghem va étudier si « des entretiens peuvent être organisés différemment dans le temps».

Dans le contexte de risque de pénurie d'électricité attendu au mois de novembre, l'audition de Marie-Christine Marghem (MR), en commission Economie de la Chambre, était très attendue.

A l'issue de cette séance, la ministre de l'Energie a fourni très peu d'explications sur la manière dont la Belgique doit passer le cap du mois de novembre sans trop de casse. La libérale a tout juste confirmé que 750 MW de capacités de production supplémentaire avaient été trouvés par Electrabel, la filiale du groupe français Engie.

Parmi ces 750 MW de capacités, 255 MW viendraient d'un accord (toujours en discussion) entre Electrabel et les propriétaires de la centrale de Vilvorde, 200 MW de groupes électrogènes loués à des sociétés privées, 100 MW d'optimisation du parc de production d'Electrabel, et 200 MW de gestion de la demande (des industriels qui acceptent de diminuer leur consommation quand c'est nécessaire).

Or on sait que le déficit de production pourrait être nettement plus important que 750 MW lorsque seul Doel 3 sera en fonctionnement.

Marie-Christine Marghem s'est montrée assez vague au sujet des accords qu'elle compte signer avec l'Allemagne, la France et les Pays-Bas pour nous fournir de la capacité supplémentaire. « L'Allemagne a dit 'pas problème', on va accélérer la signature du memorandum of understanding que nous comptions signer, a-t-elle indiqué. Le gestionnaire de réseau allemand va voir ce qu'il en est, tout en sachant que l'électricité allemande arrive en Belgique via les Pays-Bas et la France. La connexion directe entre la Belgique et l'Allemagne ne sera opérationnelle que fin 2019. De leur côté, les Pays-Bas ont dit qu'ils avaient la capacité nécessaire pour garantir une interconnexion fiable avec la Belgique. La France, quant à elle, doit encore finaliser son plan hiver. Elle a rappelé que son parc nucléaire avait manifesté des problèmes l'année dernière ».

En outre, la ministre a mis sur pied une « task force » composée d'Elia, d'Electrabel, la Creg, ainsi que des représentants des cabinets Michel et Marghem. Cette « task force » va étudier la possibilité de revoir le calendrier d'entretien des centrales nucléaires. Afin de faire revenir plus tôt certains réacteurs sur le marché ? « Nous allons voir dans quelle mesure des entretiens peuvent être organisés différemment dans le temps afin de pouvoir récupérer encore, si c'est possible, de la capacité en plus au départ du parc de production d'Engie», a déclaré Madame Marghem.

Dans l'état actuel des choses, on voit mal l'Agence de contrôle nucléaire autoriser certains réacteurs à faire leur retour sur le marché. A part Tihange 1 qui va bientôt entrer en maintenance, les autres sont à l'arrêt pour des problèmes sérieux de fuite (Doel 1 et 2), ou de béton (Tihange 2, Tihange 3, et Doel 4).


Lalieux : "Vous êtes seule responsable de ce chaos"

En commission à la Chambre, la socialiste Karine Lalieux a interpellé la ministre : "Il est grand temps d'assumer vos responsabilités, vous êtes seule responsable de ce chaos, la sécurité d'approvisionnement est une compétence régalienne, ce n'est pas la responsabilité d'une entreprise privée (...) Vous avez stoppé l'appel d'offres Wathelet pour une nouvelle centrale à gaz, votre loi de soutien aux nouvelles centrales à gaz n'est pas prête, vous n'avez pas constitué de réserve stratégique alors que 4 réacteurs nucléaires étaient sur le flanc".


Revivez la séance avec les tweets de notre journaliste sur place à la Chambre :