Marie Arena, députée européenne (PS), était l'invitée de La Première ce jeudi matin. Elle a été interrogée sur différents dossiers chauds, à commencer par le choix du futur commissaire européen belge.

Cinq ans après avoir raté de peu ce poste de prestige, Didier Reynders est cité parmi les favoris, selon plusieurs sources. La désignation doit se faire pour le 26 août prochain mais faut-il vraiment respecter ce calendrier, sachant qu'aucun accord de gouvernement n'a encore été trouvé au fédéral? Marie Arena calme le jeu: "Cette échéance n’est pas du tout fixe. Si on regarde ce qui s’est passé en 2014, nous avions désigné le commissaire européen début septembre. Et ce n’est qu’une candidature, une proposition des Etats membres, c’est la présidente de la commission qui ensuite compose un collège et le présente au parlement européen. Cette procédure prend un peu de temps et la Belgique a aujourd'hui encore un peu de temps. Certes on est en affaires courantes mais on peut faire deux choses: soit avoir un débat au niveau belge et je propose que l’on ait ce débat au parlement, mais on peut aussi prolonger Marianne Thyssen dans ses fonctions, le temps d’avoir un nouveau gouvernement fédéral".

Quant on évoque la possibilité de voir Didier Reynders (MR) occuper le poste de commissaire européen belge, Marie Arena se montre réticente. "Il est de coutume qu’après deux mandats néerlandophones, il puisse y avoir deux mandats francophones. Ce sera au prochain gouvernement fédéral de décider. Geert Bourgeois (N-VA) a critiqué le fait que le président du conseil (à savoir ici Charles Michel) était déjà francophone, mais il oublie que quand Monsieur Van Rompuy était président du conseil européen, Karel De Gucht était commissaire. C'était donc deux néerlandophones. Par contre, ce qui est particulier, c'est d'avoir deux représentants d’une même famille politique, l’un au conseil (Charles Michel) et l’autre à la commission (Didier Reynders), ce n’est pas très représentatif de ce que la Belgique est. Je plaide pour une expression politique plus large que ce que nous voyons en ce moment".

La député européenne a également été questionnée par nos confrères de la RTBF sur les discussions actuelles au fédéral, avec l'appel du pied de la N-VA au PS. "Je suis étonné par cet appel au dialogue venant de la N-VA, quand on voit comment ce parti politique a nourri l’extrême droite avec Monsieur Francken et qui aujourd’hui à peur des élections car elle sait que l’extrême droite va gagner. La N-VA ne peut pas demander aux socialistes de venir maintenant sauver la N-VA. Je trouve paradoxal que ce parti séparatiste vienne demander de l’aide à un parti qu’elle a toujours fustigé pendant la campagne et qu’elle fustige encore. Les Flamands doivent d’abord régler le problème flamand entre eux".

Et quand on lui demande si on se dirige vers l'impasse et de nouvelles élections en 2020, Marie Arena précise: "Aujourd'hui, il n'y a pas eu de réelles discussions avec les autres partis flamands. Il n'y a pas que la N-VA aujourd'hui en Flandre. Nous avons eu un gouvernement minoritaire francophone dans le passé, le gouvernement N-VA - MR était un gouvernement minoritaire francophone. Il pourrait donc y avoir un gouvernement minoritaire néerlandophone. Ce sont les Flamands qui doivent le décider".