Le président du cdH, Maxime Prévot, a préféré une formule lapidaire pour répondre à l'idée d'un élargissement du MR au cdH émise dans "La Libre" par l'un des candidats à la présidence des libéraux, Georges-Louis Bouchez. "Ca aussi... c'est risible! Et tellement classe", a-t-il lancé sur Twitter. 

"Il y a trente ans, les familles traditionnelles représentaient 80% de l'offre politique. Aujourd'hui, 50%. Les familles démocratiques ont le devoir de préparer une nouvelle offre politique. On devra avoir des discussions avec tous les démocrates", a souligné M. Bouchez, interrogé dans l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi).

Le cdH, dont l'érosion a franchi un nouveau palier lors des élections du 26 mai, est concerné. Ce n'est pas la première fois qu'une alliance entre les libéraux francophones et les sociaux-chrétiens est évoquée. Ce fut le cas à la fin des années 1990 avec le départ de l'ancien président du PSC Gérard Deprez pour fonder le MCC et l'arrimer à la fédération PRL-FDF. A la fin 2003, après de mauvaises élections pour le nouveau cdH, le MR avait également lancé une grande opération de débauchage des mandataires centristes qui avait mené au départ du bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux.

M. Bouchez ne veut pas de ce deuxième scénario "hostile", a-t-il précisé. "Je prends l'engagement de ne pas profiter des difficultés, réelles ou supposées, d'un autre parti afin de lui piquer au cas par cas des personnalités. Je pense par contre qu'un dialogue avec Maxime Prévot et d'autres sur une démarche structurée de rapprochement peut avoir son intérêt".

Le candidat président pense à des listes communes ou jointes ainsi qu'à un partenariat privilégié dans la formation d'un gouvernement.

"Et cela pourra déboucher peut-être sur un élargissement de notre fédération", a-t-il ajouté.

En juillet 2017, le cdH avait rompu avec fracas son alliance de 13 ans avec le PS et avait permis au MR de remplacer les socialistes au gouvernement wallon. Après les élections, il a annoncé qu'il siégerait dans l'opposition.

"L'objectif n'est pas de se faire avaler par un autre parti mais bien de nous réinventer pour nous-mêmes et de proposer un projet centriste fort et porteur de solutions aux citoyens", avait alors expliqué M. Prévot dans une lettre envoyée aux militants.