Elle a beau affirmer depuis mardi matin que ce n’est pas son idée, la proposition récente de la ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet (CDH), sur les "safe rooms" à installer dans les écoles bruxelloises, alimente la polémique.

Tout a démarré avec cette circulaire envoyée aux établissements scolaires bruxellois, dans laquelle on retrouve plusieurs conseils à suivre en cas d’attaque. L’un de ces conseils visait à créer des endroits destinés à confiner les élèves. Une idée qui a fait bondir le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur qui, sur les ondes de la Première, fustigeait cette proposition. Peu après, la ministre réagissait par voie de communiqué : "La suggestion précise de prévoir des ‘safe rooms’ est clairement recommandée par la zone de police de Bruxelles", explique notamment la ministre. Une réaction qui en a entraîné une autre d’Yvan Mayeur. "La ministre Milquet a usé d’un document de travail qui n’a fait l’objet d’aucune validation par les autorités de la Ville", a-t-il précisé dans un communiqué. Une info corrigée par Roberto Galluccio, administrateur délégué du CPEONS (Conseil des pouvoirs organisateurs de l’enseignement officiel neutre subventionné), qui a reconnu avoir diffusé ce document de la police et qui a dès lors présenté ses excuses à Milquet et à Mayeur.

A l’épreuve des balles

Plutôt que de parler de "safe room", Joëlle Milquet utilise l’expression "salle de confinement" paraphrasant un terme utilisé par la ministre française de l’Education nationale. Pour les spécialistes du secteur de la sécurité, une "safe room" est une pièce coffre-fort destinée à protéger des objets de valeurs alors qu’une "panic room" doit permettre de protéger des gens. Les parois sont à l’épreuve des balles. Dario Dalla Valle, patron du groupe EuroDV (installé à Paris, Malmédy et Perulwez), qui chapeaute quatre entreprises spécialisées dans le blindage de sécurité, connaît bien ce genre d’installation. Pour lui, le recours à une "panic room" se fait sous certaines conditions : "Nous avons par le passé reçu des demandes d’écoles à Paris et à Bruxelles. Dans le cas des écoles, on peut sans doute envisager des portes de classes renforcées, c’est plus réaliste au niveau financier. Le prix d’une porte tournant autour de 1 000 €." Cette histoire risque de se terminer avec la mise en place dans les écoles de "nothing rooms" (pièces de rien) ?