C'est un choix particulier qui va être proposé par le groupe MR de la Chambre : qu'un eurodéputé soit entendu par la Commission des Relations extérieures dans le cadre des travaux sur les "minerais du sang". Et cet eurodéputé n'est autre que le libéral belge Louis Michel.

Le mois dernier, M. Michel (soutenu par la PS Marie Arena) était parvenu à orienter le vote des députés européens en apportant un amendement obligeant les 800.000 entreprises européennes qui utilisent ces minerais à assurer leur traçabilité d’un bout à l’autre de la chaîne d’approvisionnement (voir ici). Un changement tout sauf anodin quand on sait que l’extraction de ces minerais se fait dans des conditions humainement inacceptables et que leur trafic alimente les caisses des groupes armés, notamment en RDC.

Le texte n'est toutefois pas définitif. Aujourd'hui, chaque Etat-membre doit se positionner par rapport à son contenu. En Belgique, la députée socialiste Gwenaëlle Grovonius a déposé une proposition de résolution que la majorité gouvernementale a décidé de suivre comme base de travail. "Le texte sur lequel Denis Ducarme (NdlR : chef de groupe MR), Kattrin Jadin, Jean-Jacques Flahaux et moi planchions allait dans le même sens. Nous avons donc décidé de suivre la proposition de Mme Grovonius", souligne Richard Miller, député MR.

Des auditions vont maintenant être organisées en commission. La majorité et l'opposition pourront chacune convier deux experts. Le choix du MR s'est donc déjà arrêté sur Louis Michel. Les trois partenaires de majorité (N-VA, CD&V et Open VLD) devront valider cette suggestion des libéraux francophones. "Cela ne devrait pas poser problème", assure Richard Miller.

"Le but de ces auditions est de pouvoir évaluer et comprendre tous les aspects du texte, d'un point de vue politique, démocratique, pratique, mais aussi économique. L'impact sur les PME et sur le secteur important du diamant devra être pris en compte", précise le député MR. Des spécialistes du monde économique et des entreprises seront donc certainement entendus également lors de ces auditions.

Une fois votées par le Parlement, les résolutions seront proposées au gouvernement. Ensuite, le texte fera l'objet de négociations - qui s'annoncent difficiles - entre le Parlement européen, la Commission et les Etats-membres.