La défaite électorale pousse le fondateur du PP à faire un pas de côté. Le sort de son parti sera scellé dans les prochains mois.

Si, dimanche, la droite a progressé en Flandre, elle a dégusté en Wallonie et à Bruxelles. Surtout sur son flanc le plus affirmé. Pour leur première participation à un scrutin, les Listes Destexhe n’ont pas été capables de placer un des leurs dans une assemblée. Le Parti populaire n’a pas fait mieux. Il n’a pourtant pas l’excuse de s’être lancé dans le bain politique trois mois seulement avant le scrutin. Il est dans la place depuis dix ans et connaît bien le chemin qui mène au Parlement. En 2010, pour sa première participation à une élection, il a décroché un siège à la Chambre. Quatre ans plus tard, il rééditait la performance en ajoutant même un député wallon à son compteur. Le voilà totalement dépouillé.

Retrait de la politique

Personne n’a dès lors été surpris par le communiqué que Mischaël Modrikamen, président-fondateur du Parti populaire, a diffusé ce vendredi où il annonce son retrait de la vie politique belge. L’homme tenait le parti à bout de bras – idéologiquement comme financièrement. Privé désormais de dotation publique, il n’avait sans doute pas d’autre choix que d’arrêter. Il a beaucoup donné. “Durant ces dix années, justifie-t-il dans son communiqué, j’ai souvent sacrifié l’attention que je devais à mes proches, à mes enfants, pour me consacrer aux autres, jours et nuits.” Il a aussi vu son leadership régulièrement contesté. Deux des trois députés que son parti a obtenus au cours de son existence ont quitté le PP avant la fin de la législature. Il était notamment critiqué pour la radicalisation qu’il avait imprimée dans les discours et qui a valu au parti d’être taxé par certains d’extrême droite.

La débâcle, Mischaël Modrikamen l’attribue pour une grande part au “boycott médiatique” dont lui et son parti auraient fait l’objet. “Je n’ai plus participé à un débat sur RTL depuis 2010 et sur la RTBF depuis 2015 !” se plaint-il dans le courrier. L’argument vaut ce qu’il vaut. En 2010 et 2014, le PP n’était pas davantage sollicité par les médias. Il avait pourtant décroché des élus. Tout comme lors des deux derniers scrutins communaux, en 2012 et 2018.

Au vrai, le PP a bien davantage souffert de l’arrivée sur le marché électoral des Listes Destexhe. À la Chambre, il a perdu 27 000 voix alors que la liste rivale en gagnait 42 000. Sous réserve d’une analyse plus fine des transferts de voix, on peut sérieusement penser qu’il y a eu un jeu de vases communicants entre les deux. Mischaël Modrikamen en est très conscient. Il ne sabordera d’ailleurs pas sa formation politique avant d’avoir vérifié qu’une union “avec d’autres formations politiques” n’est pas possible “pour éviter une dispersion des voix à droite”.