La commune s’oppose à la mise en œuvre du projet de prévention proposé par une ASBL anversoise.

Il y a de l’eau dans le gaz entre la commune de Molenbeek et le cabinet de Jan Jambon, ministre N-VA de l’Intérieur. Pomme de discorde : la fameuse ASBL anversoise chargée de mener à bien le projet We Love BXL.

Cette ASBL veut mener, à Molenbeek, un programme de valorisation des jeunes (par le sport, la culture, etc.) qui a fait ses preuves à Anvers. Le gouvernement fédéral entend la soutenir dans le cadre de sa politique de déradicalisation.

Le choix fut dirigé vers la commune de Molenbeek pour les raisons qu’on imagine, mais également parce qu’un local approprié y est facilement libérable. Le ministre Jambon a dégagé un budget de 100 000 euros pour lancer le projet. Celui-ci a pour ambition d’attirer des "sponsors" privés afin de développer son action à Molenbeek et dans toute la Région bruxelloise.

Cette initiative eut le don de susciter des réactions vives alors qu’un tissu associatif est déjà à pied d’œuvre à Molenbeek et que la N-VA ne manque jamais l’occasion de diriger les projecteurs vers la commune perçue malgré elle comme un terreau du djihadisme européen.

La mise en route du nouveau projet doit faire cependant l’objet d’une convention tripartite ASBL/Commune/Intérieur. Et c’est ici que le bât blesse. La commune de Molenbeek-Saint-Jean vient en effet de refuser le projet d’accord déposé par le cabinet de Jan Jambon, nous apprend la bourgmestre Françoise Schepmans (MR). "Nous avons un a priori très positif par rapport à ce projet qui s’est révélé très séduisant lors de sa présentation, par sa responsable Sihame El Kaouakibi, à la commune et aux éventuels partenaires privés, précise-t-elle. Cependant il est très important pour nous qu’un partenariat intervienne avec les autres associations qui fournissent déjà un travail de prévention important sur le terrain." Une dimension visiblement absente du texte proposé par le cabinet Jambon.

Prévention punt aan de lijn

"Les discussions pour aboutir à cette convention sont toujours en cours, répond la porte-parole de Jan Jambon. Mais il est de toute façon très clair que l’intention de Madame El Kaouakibi est de collaborer avec les autres acteurs…" En attendant qu’un accord intervienne, la bourgmestre Schepmans exprime une autre crainte : "Il n’est pas question que la commune prenne en charge des returnees ou des radicalisés en Belgique. Ce sont des problématiques qui relèvent de la Justice, de l’Intérieur et des Communautés. Notre rôle à nous c’est d’assumer un rôle de prévention du radicalisme. Point".