Elle avait auparavant été soumise à un feu nourri de questions de la part des parlementaires. Pendant plus de 5 heures, ces derniers l'ont interrogée sur la destruction du stock stratégique de masques, sur les économies dans les soins de santé, sur "la grippette" évoquée au début alors que des signaux d'alarme se faisaient déjà entendre, sur le devoir de réserve des experts ou encore sur sa communication défaillante et son absence de leadership.

Les tensions entre le cabinet et l'administration ont également été évoquées. "En temps de crise, certaines tensions peuvent apparaître, mais il n'y a pas besoin d'être les meilleurs amis du monde pour réussir à collaborer", a botté en touche Maggie De Block en rappelant tout de même qu'au bout de 3 semaines, "il n'y avait toujours pas de cellule de crise mise en place au sein du SPF". Quant à Sciensano, "ils refusaient de communiquer toutes les données. Ils ont progressé depuis."

"Le fédéral, en affaires courantes et sans majorité à la Chambre, a dû assumer certaines compétences car ça ne fonctionnait pas", a-t-elle ajouté.

Vendredi matin, dans son introduction adressée aux parlementaires, l'ancienne ministre avait reconnu que ne pas reconstituer immédiatement le stock stratégique de masques était une erreur. "Détruire ce stock était la bonne décision mais ne pas le reconstituer immédiatement était une erreur. On n'a pas pensé que c'était urgent puis le covid a surpris le monde entier et s'est installé", avait-elle admis.

Un aveu salué par de nombreux députés. "Reconnaître vos erreurs est tout à votre honneur", a ainsi estimé Michel De Maegd (MR). "Vous êtes la seule membre du gouvernement entendue dans cette commission à avoir eu le courage de reconnaître ses responsabilités", a renchéri Sophie Rohonyi (DéFI) tandis que d'autres soulignaient "l'humilité" de la démarche.