Politique belge
Un mois après les élections, les discussions se poursuivent en vue de la formation des différents gouvernements. Les socialistes, à la manœuvre en Wallonie et à Bruxelles, ont d'ores et déjà entamé les négociations avec Ecolo, auquel vient s'ajouter DéFI dans la capitale. En Flandre, le formateur, Bart De Wever (N-VA), avance à plus petits pas. Et pour cause, le président des nationalistes flamands souhaitait d'abord prendre la température des négociations fédérales avant tout engagement régional. 

Mais l'homme fort de la N-VA aurait changé d'avis. Non seulement, Bart De Wever constate l'absence de discussions au fédéral, mais, en plus, l'avenir ne semble pas très prometteur pour les nationalistes à ce niveau de pouvoir. En effet, la N-VA aurait abandonné tout espoir de négociation avec le PS, rapporte De Tijd. Le parti nationaliste flamand avait pourtant laissé entendre plus tôt qu'une alliance serait possible entre les deux formations politiques à condition que les socialistes acceptent d'aborder le délicat volet institutionnel. Mais le parti d'Elio Di Rupo, qui ne veut pas du confédéralisme à la table des négociations, a fait savoir que le PS n'était pas prêt à négocier avec la N-VA. 

Avec ou sans le Belang?

Bart De Wever a donc décidé de mettre entre parenthèses ce qui ressemble plus actuellement à un casse-tête chinois. Revenant sur son plan de bataille, le formateur veut avancer ses pions en vue de l'établissement d'un gouvernement flamand. Mais là encore, plusieurs problèmes se posent et nombre d'entre eux concernent le Vlaams Belang. Rencontrant à plusieurs reprises le président du parti d'extrême-droite, Bart De Wever n'a pas l'air opposé à monter au pouvoir aux côtés du Belang. Une idée qui ne ravit pas tout le monde au Nord du pays. Problématique pour le formateur puisque les deux partis réunis ne disposent pas d'un poids électoral suffisant pour former une majorité. Gwendolyn Rutten (Open VLD) et bien d'autres ont déjà fait savoir qu'ils ne soutiendraient pas une coalition intégrant le Vlaams Belang. Sans troisième larron, Tom Van Grieken et Bart De Wever devront abandonner tout espoir de régner ensemble en Flandre. 

"Il existe un petit espoir"

Face aux différentes sorties des présidents de parti, le leader du Vlaams Belang a expliqué ce week-end que son parti " avait peu de chance de participer à une majorité" au Nord du pays. " Nous manquons malheureusement de cinq sièges pour former un gouvernement Belang-N-VA, a déclaré Tom Van Grieken sur le plateau de VTM. Mais je ne dis pas non plus que la chance que cela arrive est nulle. Il existe un petit espoir et je vais faire tout mon possible pour qu'il se réalise". 

Une autre possibilité s'offre toutefois à De Wever : écarter le Belang et continuer avec le gouvernement flamand actuel constitué de l'Open VLD, du CD&V et et de la N-VA. Restent également d'autres coalitions probables mais moins attrayantes pour les nationalistes telles que celles qui les lieraient aux Verts ou aux socialistes flamands. Cartes en mains, le leader des nationalistes n'a pas encore décidé de la meilleure tactique à adopter.