Politique belge

Mercredi soir, Arnaud Zacharie, secrétaire général au CNCD 11.11.11, présentait une "Déclaration Non Gouvernementale" (DNG) sur les ondes de La Première.


"Déclaration Non Gouvernementale", quésaco ? Arnaud Zacharie nous explique que cette déclaration part d’un "double constat".

Premièrement, "les différents acteurs de la société civile travaillaient tous sur des mémorandums basés sur des expertises. On allait également tous, de manière dispersée, rencontrer les différents négociateurs et partis politiques".

Deuxièmement, "lorsqu’on s’adresse à des décideurs politiques, on parait souvent très technique car on aborde des domaines d’expertise très pointus".

Sur ce constat, "on s’est dit qu’il fallait rassembler nos connaissances dans un cadre cohérent commun et nourrir les partis politiques avec des idées novatrices. On a donc créé une association appelée La Coordination".

La Déclaration Non Gouvernementale (DNG) fixe dix objectifs principaux qui concernent notamment la transition énergétique, la mobilité durable, la qualité de l’air, le logement ou encore l’enseignement inclusif.

L’influence de la société civile

Pour le secrétaire général du CNCD 11.11.11, l’impact de la société civile n’est plus à démontrer. "Sur la dernière législature, trois thématiques ont particulièrement mobilisé les gouvernements : le Ceta, la migration et le climat. Ce sont des idées et des débats qui ont été portés par de nombreux acteurs de la société civile. Même si la loi Climat n’est pas passée, la totalité des partis francophones étaient en faveur." Selon lui, une société civile qui repose sur une véritable expertise objective et pas uniquement sur une base militante amène des résultats.

Jean Faniel, directeur général du Centre de Recherche et d’Information Socio-Politique (Crisp), estime que l’initiative de la Déclaration Non Gouvernementale est une "démarche collective intéressante". Les négociations sont, pour ces acteurs, le moment de "peser sur les dirigeants politiques, car c’est le moment où la feuille de route est tracée".

La DNG peut "permettre aux négociateurs d’insister sur certains aspects de leur programme en montrant que tel segment de la société arrive à la même analyse. Cela peut donc légitimer certaines propositions".

Jean Faniel rejoint Arnaud Zacharie sur l’apport technique de la société civile. "Les partis ne savent pas tout sur tout, même s’ils peuvent avoir des services d’études efficaces."

La demande des informateurs

Outre cette "Déclaration Non Gouvernementale", certains représentants de la société civiles ont été invités par les informateurs des différentes Régions.

Le porte-parole francophone de la Coalition Climat, Nicolas Van Nuffel, a rencontré les informateurs wallons et bruxellois. "On n’a pas le temps de rentrer dans des discussions techniques. On apporte notre mémorandum et on présente nos grandes priorités", nous explique-t-il. Et quelles sont les priorités de la Coalition Climat pour la prochaine législature ?

Premièrement, "nous appelons tous nos gouvernements à prendre des positions claires dans le débat européen sur le rehaussement des ambitions climatiques". Le système belge fait que les Régions ont autant à dire que le fédéral sur certaines décisions européennes".

Ensuite, Nicolas Van Nuffel rappelle que la Belgique doit rendre son "plan national énergie-climat" à la fin de l’année à la Commission européenne. "On demande que ce plan qui reprend également les plans régionaux soit revu pour respecter l’Accord de Paris".

Enfin, il y a deux grands chantiers sur lesquels la Coalition Climat estime que les Régions ont les capacités à faire bouger les choses : le bâtiment, "en misant sur l’isolation massive et l’énergie renouvelable photovoltaïque", et le transport. "Il faut déployer une offre qui permet de sortir du tout à la voiture".

Ces négociations étaient aussi l’occasion pour les porteurs de la loi Climat de remettre des idées sur la table. "Quand on rencontre le président du PS dans le cadre des négociations wallonnes, on n’oublie pas qu’il y a d’autres niveaux de pouvoir." Conscient que le modèle présenté en amont des élections va être "difficile à obtenir", mais "il faut qu’on avance sur un cadre national pour le climat dans lequel les Régions devront s’engager".

Les représentants de la campagne Tam Tam ont aussi eu la parole à Bruxelles. Son porte-parole, Brieuc Wathelet, nous confie qu’ils espéraient être consultés après une campagne de deux ans dont l’objectif était "de peser sur les futurs déclarations politiques régionales et fédérale". Du côté de Tam Tam, on a poussé pour la construction de logements sociaux, la lutte contre la discrimination à l’emploi et la mobilité douce. Brieuc Wathelet raconte que les formateurs étaient "dans une optique d’écoute. Il n’y a pas eu de débat. Nous avons peut-être été entendus. Il faut attendre la déclaration régionale bruxelloise pour savoir si nous avons été écoutés".

S’ils ne prennent aucun engagement, les informateurs wallons se sont montrés enthousiastes face aux propositions de la Coalition Climat. "Ils nous ont dit qu’ils étaient en accord avec la vision qu’on présentait et qu’ils essayeraient de faire passer un maximum de nos propositions. Mais à l’heure actuelle, on ne sait pas encore avec qui ils vont négocier", résume Nicolas Van Nuffel.