Il y a trois grands défis "reliés entre eux" , lance d’emblée Jean-Marc Nollet, le vice-président Ecolo des gouvernements wallon et francophone, quand on évoque avec lui les chantiers politiques sudistes : défis économique, énergétique, démographique. Les explications du ministre en charge notamment de l’Energie, du Logement et du Développement durable en Wallonie.

Pour le défi économique, vous préférez parler de redéploiement plutôt que de relance. Où est la nuance ?

C’est qu’une inflexion est à donner. Pour moi, elle coule de source, même si je dois continuer à expliquer et à convaincre : une orientation vers la durabilité. On n’est pas là pour maintenir en vie telle entreprise qui, inévitablement, devra évoluer; on est là pour aller capter des emplois à la fois relocalisés chez nous et durables.

Emplois durables, c’est-à-dire ?

Qui sont de qualité. Pas des mini-jobs à 1 euro l’heure comme on a pu en connaître notamment en Allemagne. Et des emplois qui ont un sens pour ceux qui travaillent. Dans ce contexte-là, vu la crise que nous traversons, il faut mobiliser tous les moyens qui sont nôtres.

Parce qu’il y a des moyens disponibles ?

Oui ! Je vois d’abord des centaines de millions d’euros, en tout cas 500 millions, qui pourraient être mobilisés dans les outils économiques : des réserves à la SRIW, la Sogepa, la Sowalfin. Elles sont au moins pour partie justifiées par la conception assez défensive que l’outil fait de lui-même et de ses moyens. Or, quand cela va mal, ce n’est pas le moment de thésauriser; c’est maintenant qu’il faut investir et pas seulement être là pour éviter des faillites. D’autre part, en articulation avec les compétences fédérales, on peut capter de l’épargne des particuliers, sur le modèle français du livret A. Plutôt que de servir à la spéculation financière, à des fonds de pensions ou autres produits, on utilise des moyens pour faire fructifier l’économie endogène et l’emploi qui va avec.

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