Le ministre flamand du bien-être social, Wouter Beke (CD&V), a reçu de nombreuses critiques ces derniers jours et semaines sur la manière dont il a traité la crise du coronavirus, en particulier dans les centres de soins. On lui a même demandé de démissionner.

Son audition lundi devant la commission spéciale coronavirus du parlement flamand lui a fourni l'occasion de répondre à ses détracteurs. Selon lui, il faut parler d'"échec collectif" à affronter la vitesse et la nature du virus. "Nous étions préparés à un virus mais nous n'étions pas préparés à ce virus", a-t-il affirmé.

La Flandre aurait toutefois contrôlé plus rapidement la propagation que les autres Régions et elle se prépare aujourd'hui à une éventuelle résurgence. Le système de détection des contacts est en cours d'accélération et d'amélioration, comme l'a déjà indiqué Karine Moykens ce lundi matin.

Et en ce qui concerne spécifiquement les centres de soins eux-mêmes, selon Wouter Beke, une série d'initiatives ont été prises, non seulement pour préparer les centres de soins à une deuxième vague, mais aussi pour la période suivant la crise du Covid-19. Selon M. Beke, le matériel de protection est suffisant, la stratégie de test a été mise à jour et l'inspection des soins a été renforcée. Pour le personnel des centres de soins, Beke promet "une augmentation de salaire équivalente" à l'augmentation fédérale précédente pour le personnel des hôpitaux.

Fortes critiques de l'opposition

Mais les partis d'opposition au Parlement flamand ne se sont pas privés de critiquer la manière dont la pandémie de Covid-19 a été gérée du côté du ministre flamand du Bien-être. Les quatre partis d'opposition (Vlaams Belang, Groen, sp.a et PTB) ont distribué les coups, le CD&V tentant de défendre son ministre. Quant à ses partenaires de coalition, Open Vld et N-VA, ils veulent surtout que Wouter Beke soit maintenu au poste et tire des leçons des mois passés.

"Personne n'est convaincu que vous ayez géré la crise de manière proactive. Vous avez complètement couru après les faits", a lancé Hannes Anaf (sp.a). Deux éléments le gênent, explique-t-il: "Vous étiez partout un peu en retard. Et visiblement rien n'est de votre faute".

Le chef de groupe PTB-PVDA Jos D'Haese a appuyé cet avis: "Vous n'étiez pas maître de la situation et vous ne l'êtes toujours pas. Vous étiez en retard (sur les évènements, NDLR) et créez ensuite un univers alternatif où tout va bien. La réalité est que la deuxième vague a commencé et que nous ne sommes pas prêts".

Du côté des Verts, le chef de groupe de Groen Björn Rzsoka a estimé qu'il n'était pas correct de s'être congratulé d'une meilleure gestion de la crise qu'à Bruxelles et en Wallonie. "Nous n'avons pas besoin d'un concours (...) Nous voulons savoir ce qu'ont fait les capitaines au moment de la tempête".

Le Vlaams Belang a été le plus vocal, via Chris Janssens, parlant de réactions trop tardives et trop faibles, qui ont finalement couté des vies humaines.

Du côté de la majorité, on soutient le ministre. "L'opposition veut votre tête, nous aimerions quant à nous que vous gardiez la tête froide et que vous meniez le bateau d'une main sûre vers le port", a métaphorisé Lorin Parys (N-VA). "Bien sûr, on fait des fautes dans les crises. Mais il est important de rapidement les reconnaitre, les rectifier, et veiller à ne pas les reproduire", ajoute-t-il.

Le ministre devrait entre autres veiller à améliorer le "contact tracing", selon le parlementaire flamand.