Comme nous vous l'annoncions ce mercredi, le calendrier va être bouleversé du côté francophone pour l'année scolaire 2022-2023. Concrètement, il va y avoir un allongement des vacances de Carnaval et de la Toussaint (deux semaines au lieu d'une pour chacune de ces échéances) et un raccourcissement des vacances scolaires d'été.

Mais cette réforme engendre de nombreux changements organisationnels et ne fait pas que des heureux. Les scouts de Belgique ont ainsi réagi par communiqué pour faire part de leur colère. "Nous sommes surpris et déçus d’apprendre de cette manière l’adoption d’un scénario déjà très concret. Mais par-dessus tout, nous sommes inquiets de découvrir que le scénario retenu aura un impact énorme sur notre secteur et notamment sur nos camps d’été. Pour rappel, nous ne cessons, depuis des mois, d’interpeller la ministre de l’Enseignement, Caroline Désir, sur les conséquences d’une réforme des rythmes scolaires mise en œuvre trop rapidement, et sur les obstacles de taille que représentent les mesures annoncées. Malgré nos interpellations [...], nous n’avons eu aucune réponse du cabinet de madame Désir et faisons face aujourd’hui à cette annonce déterminante… que nous apprenons par voie de presse", expliquent les scouts.

Ceux-ci affirment que l'année et demie qu'il leur reste pour se préparer est trop courte et ils estiment que cette réforme aura un impact financier d'environ 20 millions d'euros pour les cinq mouvements de jeunesse (car il faudra pallier le manque d’endroits de camps et le manque de matériel et de tentes qui découleront du rabotage du mois de juillet).

Dans leur communiqué, les scouts détaillent enfin trois de leurs inquiétudes. Tout d'abord, "les congés sont rognés de plusieurs jours en juillet. Or, la première semaine de juillet, cela représente 400 groupes de mouvements de jeunesse en camp, soit 18 000 jeunes… qui devront trouver un endroit de camp dans la suite du mois de juillet, période déjà extrêmement chargée en camps. La pression déjà forte sur les endroits de camp et sur le matériel disponible (prêt de tentes…) risque de devenir intenable". 

Deuxième inquiétude: "Aucun alignement n’est prévu avec l’enseignement supérieur. Or, une grosse partie des formateurs – bénévoles – de nos animateurs sont des enseignants du primaire ou du secondaire qui consacrent une partie de leurs congés aux formations scoutes. Que fera-t-on lorsque leurs congés ne seront plus synchronisés avec ceux des animateurs, étudiants du supérieur pour la plupart ? Sans parler des petits camps organisés durant les vacances de Pâques, eux aussi sur la sellette." 

Enfin, dernier point que dénoncent les scouts: "Aucun alignement n’est prévu avec les autres communautés du pays : qu’en sera-t-il des enfants, notamment dans notre capitale et sa périphérie, mais aussi en Communauté germanophone, qui suivent leur scolarité dans une communauté et pratiquent des loisirs dans une autre?"