Le président du Sénat Jacques Brotchi, spécialiste du MR sur les dossiers de médecine, a défendu dimanche, à la veille d'une importante réunion interministérielle, la valeur de l'examen d'entrée francophone aux études de médecine que la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) juge trop laxiste. "L'examen est un bon filtre, il est bien fait", a affirmé M. Brotchi sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL).

Fin janvier, Mme De Block (Open Vld) a annoncé qu'elle ne libèrerait plus de numéros INAMI surnuméraires pour les étudiants candidats médecins francophones en l'absence d'un "filtre efficace" limitant le nombre d'entrées dans les universités du sud du pays.

"Si Mme De Block dit qu'elle ne donne pas les numéros Inami parce que le filtre à l'entrée n'est pas bien fait, je ne suis pas d'accord. Le filtre est bon, je remercie (le ministre francophone de l'Enseignement supérieur) M. Marcourt de l'avoir établi en 2017", a affirmé M. Brotchi, dont le parti est allié de l'Open Vld dans le gouvernement fédéral démissionnaire.

"Si je compare le taux de réussite en Flandre et côté francophone, il est quasi le même", a-t-il ajouté.

Le neurochirurgien relativise aussi le chiffre de plus de 1.100 étudiants francophones autorisés cette année à se lancer dans ces études. En tenant compte des étudiants en dentisterie, de ceux qui ne se sont finalement pas inscrits en 1ère année et en extrapolant le taux de réussite final en 2024, il évalue le nombre de diplômés demandeurs d'un numéro INAMI cette année-là à 748, pour un quota annoncé de 505. "Le problème en 2024 ne sera donc pas aussi aigu", commente M. Brotchi, qui plaide à titre personnel pour la suppression des quotas.

L'annonce par Mme De Block de sa volonté de bloquer l'octroi des numéros INAMI surnuméraires aux francophones, accusés de diplômer trop de médecins et de grever ainsi la sécurité sociale, a indigné les politiques du sud du pays, alors qu'il manque près de 190 médecins généralistes en Wallonie selon l'administration régionale.

Elle inquiète aussi fortement les étudiants eux-mêmes, qui craignent de se lancer dans de longues études sans garantie que leurs prestations donnent au patient le droit à un remboursement par l'assurance maladie-invalidité.

Pour faire pression sur Mme De Block, le ministre Marcourt a annoncé qu'il bloquerait le projet de protocole fixant le nombre de numéros pour 2025 (étudiants qui entameront leur cursus en septembre).

Maggie De Block a alors convoqué une conférence interministérielle extraordinaire de la santé pour ce lundi 11 février, en présence du président de la commission de planification de l'offre médicale de l'INAMI.