C'est ce samedi que les membres du conseil de parti de la N-VA éliront en ligne deux vice-présidents pour épauler Bart De Wever à la tête de la formation nationaliste flamande, parmi six candidats dont aucun bruxellois. Si d'aucuns y voient déjà un marche-pied pour le candidat Theo Francken vers une présidence que le bourgmestre d'Anvers remettra en jeu en 2023, d'autres considèrent que Bart De Wever, en place depuis 2004, pourrait dans deux ans enchaîner sur un septième mandat, par crainte que son départ ne déstabilise le parti avant une année 2024 marquée par des élections à tous les niveaux de pouvoir en Belgique.

Le résultat du député Francken - qui a tardé à se porter candidat - sera scruté pour vérifier si sa crédibilité n'a pas été entamée en interne par l'affaire Kucam, ce proche de son ancien cabinet de secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration condamné il y a peu pour fraude aux visas humanitaires. Mais déjà lors des législatives de l'an dernier, le résultat du Brabançon n'avait pas paru affecté par la révélation de cette affaire.

La candidature de M. Francken posera en creux la question des rapports entre la N-VA et le Vlaams Belang. Les deux partis ont en commun le nationalisme flamand et certains de leurs cadres ou militants se côtoient dans les manifestations du Mouvement flamand. M. De Wever a fermé la porte à une alliance avec le parti d'extrême-droite. M. Francken est lui tenant d'un discours plus radical de son parti et se montre plus ambigu sur les liens que peuvent nouer les deux formations.

A côté du candidat Francken, la députée Valerie Van Peel fait figure de candidate plus modérée. Elle est régulièrement citée comme autre favorite pour l'un des deux mandats en jeu, bien que son origine anversoise pourrait jouer en sa défaveur, vu le nombre de figures de proue que compte le parti dans cette province.

Dans une N-VA ébranlée par son ressac électoral de 2019, par son échec à entrer au gouvernement fédéral et par la concurrence de l'extrême-droite, quatre autres candidats sont aussi montés au créneau: l'eurodéputée Assita Kanko, les députées fédérales Anneleen Van Bossuyt et Kathleen Depoorter ainsi que le député flamand Lorin Parys, qui cherche à renouveler son mandat.

L'autre vice-présidence étant actuellement assumée par Cieltje Van Achter, la non-candidature de cette dernière signifie en outre qu'aucun Bruxellois ne brigue la vice-présidence de la N-VA, l'ex-MR Assita Kanko ayant déménagé en Brabant flamand il y a peu.

L'élection se déroule en ligne à partir de 14h00: les candidats se présenteront dans une capsule vidéo, qui sera suivie d'un premier tour. Un candidat est élu dès qu'il obtient une majorité simple. Plusieurs tours pourraient donc être nécessaires. Les résultats sont attendus entre 15h00 et 18h00.