Ce mercredi matin, Laurette Onkelinx a, à nouveau, bombardé le nouveau gouvernement Michel. Cette salve s'inscrivait dans le cadre des débats précédant le vote de confiance (jeudi) à la Chambre. Pendant 1h30, la chef de groupe PS a dit tout le mal qu'elle pensait de l'accord de gouvernement "suédois", bien entendu, mais elle est surtout revenue d'emblée sur le "Francken-gate" et le "Jambon-gate". Ces deux des membres de la N-VA au sein de l'exécutif fédéral sont au cœur de la tourmente depuis lundi au sujet de leurs déclarations et de leurs fréquentations ambigües (au sujet du passé collaborationniste de certains Flamands). A la tribune de la Chambre, donc, l'ex-vice-Première PS a pu à nouveau donner de la voix mais dans un style un peu plus policé que ce que l'on a pu voir hier. Voici quelques-uns de ses bons mots adressés directement à Charles Michel (MR), le nouvel occupant du "16" : " Rien d’étonnant à ce qu’un ministre N-VA veuille l’Intérieur… C’est toujours comme cela que commence la prise de pouvoir des nationalistes, qu’ils soient de gauche ou de droite. Mais là, vous avez donné aux nationalistes l’armée, la police, la fonction publique, la sécurité d’Etat. Ca fait froid dans le dos" .[…]

"Et c'est à cet homme-là qu'on donne l'Intérieur"

"Chaque jour les masques tombent un peu plus. Lundi, pour Jan Jambon, votre vice-premier ministre, les collaborateurs avaient leurs raisons. On peut comprendre, on peut donc expliquer dit-il que des Belges aient fait cause commune avec les nazis. Croyant corriger le tir, il s’enfonce : la collaboration est une erreur historique. Une erreur. Une erreur, tout le monde en fait et une erreur, une simple erreur est généralement pardonnée. La collaboration n’est pas une erreur, c’est une ignominie, une ignominie absolue car il est ignoble de prendre fait et cause pour ceux qui sont responsables de l’holocauste et qui ont foulé aux pieds toutes nos valeurs.
Et c’est à cet homme-là qu’on donne l’intérieur. Mardi, on apprend la présence de Monsieur Francken à une petite fiesta organisée à l’occasion de l’anniversaire d’un collaborateur notoire, d’un ancien du front de l’est, d’un leader d’une milice privée nationaliste. Le bruit des bottes résonne dans le gouvernement du pays et c’est avec effroi que l’on constate que c’est celui-là, homophobe de surcroit, qui va s’occuper d’asile et d’immigration."