Après avoir officiellement remis sa démission au Roi ce lundi, Paul Magnette s'est exprimé lors du journal de 19h de nos confrères de RTL. 

Il est d'abord revenu sur les discussions menées avec Bart de Wever: " Ce n'était pas du tout évident pour le PS de discuter avec la NV-A, mais on a fait l'effort d'aller au-delà d'une série d'obstacles considérables". 

Ensuite, il a abordé les avancées de la mission de pré-formation qui lui avait été confiée, et a reconnu son échec: " On n'est pas allés très loin, puisque cinq partis politiques, qui représentent 70 sièges, étaient prêts à aller de l'avant. Mais on n'a pas pu passer l'étape suivante: les écologistes n'ont pas voulu continuer à discuter, les libéraux ont remis en cause toute une série d'éléments fondamentaux. Donc à un moment, il faut bien constater que cela ne fonctionne pas". 

Pour plus d'efficacité, Paul Magnette plaide dès lors pour une réforme de l'Etat, pas tout de suite, mais "à l'horizon 2024" : " On voit bien que le système belge ne fonctionne pas bien, et on l'a vu en particulier dans cette crise du coronavirus: il y a eu pas mal de cacophonie dans la prise de décisions. On a eu une communication qui était incompréhensible pour les citoyens à certains moments, tant il y a des superpositions et des divisions de compétences entre le fédéral et les régions, qui ne sont pas claires".

Il a notamment réclamé plus d'unité pour faire face à la crise sanitaire actuelle: " Quand on est dans une situation de crise telle que nous connaissons, il est important de pouvoir re-centraliser tous les pouvoirs. Quand il y a une grande crise de santé publique, on doit pouvoir dire: non, on n'a pas neuf ministres de la santé, mais il y a un ministre fédéral qui prend les mesures, et tout le monde s'aligne le temps de la gestion de crise".

Interrogé sur la tenue de potentielles élections en cas d'échec, Paul Magnette s'est montré très prudent. S'il ne rejette pas une telle éventualité, il n'en ignore pas les difficultés. "On sait aussi qu'à l'automne, avec la probable reprise de l'épidémie, il sera difficile matériellement d'organiser des élections, des bureaux de vote, de dépouillement, etc.", a-t-il déclaré.

Quant à l'avenir des négociations fédérales, le président du parti socialiste s'est tout de même montré positif: "Si chacun pouvait faire un peu d'efforts, faire en sorte d'être constructif, il est encore possible -j'en suis convaincu- de trouver une solution dans les trois semaines qui viennent, avant la rentrée parlementaire de la mi-septembre". Le président du PS assure que son parti, lui, continuera à être constructif. "Tant qu'on peut entendre nos demandes sociales, on sera prêt à entrer dans des discussions", a assuré M. Magnette.