Certains travaux forestiers vont pouvoir reprendre dès le mois prochain, sous de strictes conditions, dans les zones wallonnes touchées par la peste porcine africaine qui était apparue chez des sangliers dans le sud de la province de Luxembourg en septembre 2018, annonce mercredi soir la ministre wallonne en charge de la Forêt, Céline Tellier (Ecolo). 

Les "travaux manuels de dégagement, de taille et d'élagage des jeunes plants et semis naturels avec des outils à main, à la débroussailleuse et à la tronçonneuse" sont concernés, alors que les travaux de gyrobroyage et de peignage restent interdits dans la dite "zone infectée", communique le cabinet de la ministre. Ces zones infectées sont frappées d'une interdiction de circulation en forêt depuis plusieurs mois, une mesure récemment prolongée jusqu'au 15 mai et qui irrite fortement le secteur forestier et de la transformation du bois qui se trouve empêché d'exploiter sa matière première dans cette région. Le 20 février dernier, une délégation de la Confédération belge du Bois et de la Fédération des Propriétaires ruraux de Wallonie avait encore été reçue par le gouvernement wallon, qui avait assuré être prêt à assouplir son interdiction mais s'inquiétait du respect de strictes mesures sanitaires pour éviter tout risque de propagation du virus.

Les travaux, qui devraient pouvoir reprendre dès avril, sont donc soumis à des conditions strictes, détaille la ministre Tellier mercredi. Il faudra une autorisation préalable du Département de la Nature et des Forêts, et les exploitants devront nettoyer quotidiennement leurs bottes et vêtements ainsi que désinfecter leur matériel roulant à la sortie de la zone. Ils ne pourront pas accéder à des exploitations porcines dans les 72 heures suivantes, et sont tenus de signaler toute découverte de cadavre de sanglier.

Parallèlement, les travaux de dépopulation et de prospection des cadavres de sangliers se poursuivront, et l'évolution des interdictions reste dépendante d'une éventuelle nouvelle découverte.

"Un avis de l'Afsca sur une possible réouverture de la forêt à d'autres usages et dans certaines conditions est attendu dans les prochaines semaines", ajoute le cabinet de la ministre.