Philippe Close était invité ce lundi matin sur La Première pour s'expliquer suite à la polémique engendrée par la manifestation contre le racisme et contre les violences policières, ainsi que sur les débordements qui ont émaillé celle-ci quelques heures plus tard.

Ce dimanche, plus de 10 000 personnes se sont réunies pour manifester sur la Place Poelaert, en face du Palais de Justice. Malgré le contexte sanitaire, le bourgmestre de Bruxelles avait décidé d'autoriser le rassemblement. Cette décision était vivement critiquée par le MR car si de nombreuses personnes sont venues protégées avec un masque sur le visage, la distanciation sociale était compliquée à respecter. La police de Bruxelles a procédé jusqu'à présent à 239 arrestations, dont sept arrestations judiciaires, après les incidents qui ont éclaté à Matonge, à la chaussée d'Ixelles et sur le boulevard de Waterloo dimanche en fin d'après-midi, au terme de la manifestation contre les violences policières envers les gens de couleur, a indiqué lundi le bourgmestre de Bruxelles.


Le bourgmestre a réagi aux propos de Georges-Louis Bouchez, qui appelait ce matin le bourgmestre à assumer ses actes et à rendre des comptes. "Je les assume toujours, que ça se passe bien ou que ça se passe mal", répond Philippe Close. "Peut-être que le thème de cette manifestation leur pose problème, moi j'ai pris mes responsabilités, j'ai travaillé avec les organisateurs".

Aux nombreux citoyens qui critiquent eux aussi la décision d'autoriser un tel rassemblement, alors que la phase 3 du déconfinement commence à peine, il se défend : "Toutes les situations sont exceptionnelles aujourd'hui et l’expression publique doit exister. On ne peut pas demander à la population de contenir sa colère". Il est donc question de balance, selon le bourgmestre. "Hier, on a du faire une balance entre les règles sanitaires, l'ordre public et la liberté d'expression". Mais selon lui, des mesures ont été prises et même s'il admet que, dans le contexte actuel, il aurait été mieux d'éviter un rassemblement, le bourgmestre rétorque : "Nous avons distribué plus de 4000 masques aux organisateurs".


Sur Twitter, Philippe Close a reçu le soutien d'Olivier Maingain (Défi), le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert. "Un peu d'honnêteté intellectuelle: tout bourgmestre sait qu'il est vain de chercher à interdire une manifestation à laquelle plusieurs milliers de participants sont annoncés. C'est à chacun d'être responsable de son comportement en cette période de crise sanitaire", a-t-il ainsi réagi.

"Toujours la même honnêteté intellectuelle voudrait qu'unanimement, les politiques saluent la motivation noble de la manifestation même si on peut discuter de son organisation, et condamnent les casseurs qui l'ont dénaturée. Voilà comment servir la démocratie", a-t-il ajouté.

Interrogé sur LN24 lundi matin, le ministre bruxellois de l'Emploi et ancien bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (Défi), n'a pas dit autre chose. "J'imagine mal un bourgmestre interdire ce type de manifestation au risque de créer des rassemblements spontanés, orientés et plus violents encore", a-t-il estimé en dénonçant lui aussi "les sorties idéologiques et politiciennes de certains partis". "Ce n'est pas ça qui va résoudre le problème du racisme, ni ceux de la Belgique", a-t-il dit.

Bouchez demande des excuses

Georges-Louis Bouchez a réagi ce lundi matin suite à l'interview de Philippe Close. Il estime que l’attitude du bourgmestre socialiste est "inacceptable". "Le MR se mobilise chaque jour dans la lutte contre le racisme et hier encore (photo) ! Nous l’avons fait dans le respect des règles sanitaires. Je lui demande de la hauteur et des excuses pour ces insinuations inacceptables".