Le gouvernement a la volonté ferme de rapatrier les 42 enfants belges qui se trouvent actuellement dans des camps en Syrie, mais l'opération est "délicate", a souligné mardi à New York le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin. "La cohérence est totale", a-t-il insisté, alors que la Belgique a défini la protection des enfants dans les conflits comme l'une des priorités de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies. "La volonté du gouvernement est de permettre le rapatriement, j'ai réaffirmé ce principe la semaine dernière en séance plénière, mais c'est une opération délicate. Il y a des décisions de justice qui ont été rendues (contraignant l'Etat à rapatrier des ressortissants belges sous peine d'astreinte). Nous avons fait appel car nous sommes favorables au rapatriement des enfants mais pas des mères", a rappelé le ministre.

Ces dernières doivent être poursuivies sur place, martèle le chef de la diplomatie belge. "Elles ont commis sur le territoire syrien des faits de guerre, très graves, et elles doivent y être jugées. Pour le moment, elles ne veulent pas se séparer de leur enfant, mais il est de leur responsabilité d'accepter cette séparation temporaire pour que leurs enfants puissent être mis en sécurité."

Le ministre ne se risque pour l'instant pas à annoncer un délai pour la mise en place de cette opération. Pour "raison de sécurité", il refuse également d'en dire plus à ce stade sur les collaborations nécessaires avec les Etats de la région.

La Belgique présidera mardi une réunion des Nations Unies sur le Moyen-Orient lors de laquelle le président palestinien Mahmoud Abbas prendra notamment la parole. "Nous avons fixé trois priorités pour notre présidence, mais l'actualité internationale est là et nous devons assumer notre rôle", constate M. Goffin.