Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, a qualifié jeudi d'"insuffisantes" les aides que la Région wallonne devrait recevoir dans le cadre du fonds de relance européen post-coronavirus.

A ce stade, les discussions concernant le montant auquel pourrait prétendre la Belgique font état de 5,48 milliards d'euros - un montant partiel qualifié de "prématuré" et d'"erroné" par le ministre fédéral des Finances, Alexander De Croo (Open Vld) - sur un total de 750 milliards d'euros, si la proposition de la Commission devait être acceptée en l'état.

"Je salue l'effort consenti par la Commission européenne dans le cadre du plan de relance, il s'agit d'un pas dans la bonne direction, mais les aides annoncées me semblent insuffisantes à ce stade des négociations. Le plan de relance est très ambitieux, mais plus que sa taille, c'est sa répartition entre Etats membres qui pose question", a affirmé M. Di Rupo (PS) devant la commission chargée de questions européennes du parlement de Wallonie.

En effet, les critères utilisés pour l'outil le plus important du plan de relance européen (la "Facilité pour la reprise et la résilience") apparaissent particulièrement défavorables à la Belgique, alors que le pays a été fortement touché par la crise liée au Covid-19, a fait valoir le ministre-président.

Selon lui, les critères utilisés ne prennent pas en compte l'impact de la crise. Les données relatives au premier semestre 2020 et la question du chômage temporaire doivent être prises en compte.

M. Di Rupo estime que les dépenses auxquelles la Région wallonne fait face impliquent des besoins de financement à la hauteur de la crise du coronavirus, et ce, à tous les niveaux de pouvoir.

"La crise que nous traversons ne doit pas nous faire oublier les défis auxquels fait face la Wallonie. Il nous faudra, à la fois, garder le cap de nos ambitions inscrites dans la Déclaration de politique régionale et redresser durablement notre économie pour le bien-être des citoyens", a-t-il encore déclaré.