Les résultats des Verts en Wallonie et en Région bruxelloise ont dû donner des sueurs froides à leurs adversaires politiques. On le sentait venir, ceci dit. Après le Samusocial, après Publifin, dans un contexte où le réchauffement climatique est abordé quotidiennement dans les médias, Ecolo, dans l’opposition au fédéral comme dans les Régions, avait clairement une carte à jouer dimanche. Et c’est le scénario qui s’est réalisé. À Bruxelles-ville, à Liège, à Ixelles… On ne compte plus les communes où les écologistes réalisent une véritable percée ou sont en augmentation.

Au-delà de la victoire en elle-même, ces scores sont très importants pour la suite de l’agenda électoral belge. Ecolo voulait en effet rentrer dans les majorités des grandes villes et c’est ce qui semble arriver. Cette forte présence permettra aux Verts de faire émerger des figures politiques locales qui seront autant de visages connus à aligner en mai 2019 (et après) pour réussir aux législatives et aux régionales.

Cet enracinement local manquait jusqu’ici au parti environnementaliste et le handicapait lors des scrutins pour les autres niveaux de pouvoir. À plus long terme, Ecolo pourra tenter de démontrer que ses idées fonctionnent quand ses troupes sont aux manettes. Et, justement, la commune est l’échelon politique qui lui permettra de montrer le plus facilement les conséquences de l’écologie politique mise en œuvre.

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Les coprésidents sont dans le bon

Ce premier grand test pour le duo Zakia Khattabi/Patrick Dupriez - les coprésidents d’Ecolo - est une réussite. Le parti se rassure après la gifle ramassée aux élections de 2014. La ligne plus décomplexée suivie par la coprésidence semble être la bonne : les écologistes sont nettement plus offensifs dans les médias qu’auparavant, ils veulent le pouvoir et le font savoir.

Enfin, malgré la poussée bien réelle du PTB, Ecolo reste également une formation qui recueille les voix des déçus des partis traditionnels. Après divers scandales politiques, on aurait pu imaginer que les partis radicaux de gauche comme de droite auraient davantage attiré les électeurs mécontents mais il semble que les Verts restent une valeur refuge pour le vote contestataire.