Ils ont été reçus en audience au Palais. Le Palais a annoncé officiellement sa décision et les modalités de leur mission.

Voici le communiqué des services du Roi : "Sa Majesté le Roi a reçu en audience au Palais de Bruxelles Messieurs Didier Reynders et Johan Vande Lanotte et les a chargés d’une mission d’information visant à identifier les défis à relever par notre pays, et les possibilités ainsi que les conditions nécessaires en vue de former un gouvernement fédéral. Dans le cadre de cette mission, ils garderont le contact avec les responsables des négociations dans les régions et communautés. Messieurs Reynders et Vande Lanotte ont accepté cette mission. Ils feront un premier rapport au Roi sur l’avancement de leur mission le 6 juin."

Comme La Libre le révélait ce jeudi sur son site web, Didier Reynders faisait partie des personnalités retenues par le Palais. L'actuel vice-Premier ministre MR était bien placé car, fort de sa longue expérience politique au premier plan au fédéral, il a en effet de nombreux atouts qui plaidaient en sa faveur.

Au fil du temps, il a notamment acquis un statut de "sage'" de la politique belge. Il a par ailleurs déjà joué le rôle d'informateur en 2007 après une grande victoire des libéraux francophones aux élections. Didier Reynders avait tenté, à l'époque, de mettre sur pied une coalition "orange bleue" qui aurait réuni la famille sociale-chrétienne et la famille libérale. Mais les négociations n'avaient pas pu aboutir, entre autres en raison du refus de Joëlle Milquet, alors présidente du CDH, de laisser tomber le PS d'Elio Di Rupo.

Quant à Johan Vande Lanotte, surnommé "l'empereur d'Ostende", le choix du Roi n'est pas étonnant non plus : l'ancien vice-Premier ministre SP.A est également un fin connaisseur des rouages de la politique fédérale et des nécessaires compromis à accepter lorsqu'on veut gouverner. Il a la confiance du Palais : en 2010, durant la crise politique, il avait été désigné "conciliateur". En 2015, il avait quitté la vie politique nationale après un parcours de 28 ans au plus haut niveau.

Avec Didier Reynders et Johan Vande Lanotte le roi Philippe place au centre du jeu politique un duo de fins négociateurs. Ils auront du travail... La situation politique au fédéral est particulièrement complexe suite aux élections de dimanche. Par ailleurs, en désignant un duo composé d'un libéral francophone et d'un socialiste flamand, le Roi assure un équilibre politique et linguistique de nature à déjouer les critiques qui auraient entouré la nomination d'un seul informateur.

Les noms d'Elio Di Rupo et de Bart De Wever circulaient dans la presse aujourd'hui mais ces pistes n'étaient pas crédibles : vu le fossé électoral qui sépare la Flandre, qui vote à droite, de la Belgique francophone, qui vote à gauche, le Roi ne pouvait pas opter pour l'un de ces deux leaders sans risquer de fâcher l'une des grandes communautés du pays.