Fanck Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé, est revenu ce dimanche sur les décisions prises par le dernier Comité de concertation. Dans l'émission "C'est pas tous les jours dimanche", il a ainsi expliqué pourquoi les coiffeurs peuvent rouvrir, tandis que d'autres secteurs doivent encore patienter.

"Il faut y aller étape par étape", a justifié le ministre. "Le problème est que lorsque l'on va rouvrir plusieurs secteurs, plusieurs dimensions de la vie sociale en même temps, on risque de balayer d'un coup tous les efforts faits tous ensemble pour arriver à cette situation qui s'est enfin stabilisée, avec des chiffres encore trop hauts mais enfin stabilisés."

Pourquoi une ouverture pour les coiffeurs, et pas pour les jeunes? "C'est beaucoup plus risqué"

Avant le Codeco de vendredi passé, la possibilité d'élargir à 6 la bulle pour les étudiants avait été évoquée. Finalement, ce ne sera pas le cas dans l'immédiat. Fanck Vandenbroucke est bien conscient de la difficulté de la crise pour les jeunes mais il insiste: "Je crois que ce qu'il faut dire aux jeunes, c'est un message difficile. Mais le respect, c'est dire la vérité aux gens. Et la vérité, c'est qu'il faut rester ultra prudents. En Belgique, nous n'avons pas fermé les écoles. Aux Pays-Bas et en Allemagne, ils l'ont fait pendant deux mois. Nous n'avons donc pas fermé les écoles, mais en contrepartie, ce que nous avons demandé par prudence au niveau de la vie sociale est assez strict".

Frank Vandenbroucke qui regrette de devoir faire des choix, met l'accent sur des assouplissements qui doivent être faits progressivement. "Jamais, on ne sera populaires avec une politique d'assouplissements car on doit faire des choix, par prudence et dans l'intérêt de chacun", a-t-il souligné. Et le ministre d'expliquer pourquoi le choix des coiffeurs: "Il faut déconfiner par petits groupes. Pour les coiffeurs, dans ce secteur, on peut espérer appliquer des protocoles qui limitent les contacts - de un à un - et donc les risques d'infection sont également réduits. Mais quand on va dire qu'on rouvre la vie sociale, en laissant se créer des groupes, c'est beaucoup plus risqué."

Finalement, la seule certitude que Franck Vandenbroucke peut donner à la population concerne l'importance du vaccin. "Il y a une certitude, c'est qu'avec une campagne de vaccination réussie, on va vaincre le virus, pouvoir rouvrir la vie sociale et la liberté sera là de nouveau." Par contre, le ministre n'ose pas s'avancer sur une échéance précise: "Il y a par contre un incertitude totale qui concerne le calendrier de vaccination".

Et les experts dans tout ça?

Si le comité de concertation a décidé d'autoriser la réouverture des salons de coiffure dès le 13 février, il n'a pas suivi l'avis des experts qui déconseillaient justement cette mesure. Sur RTL, Fanck Vandenbroucke a expliqué pourquoi le gouvernement avait tranché dans un autre sens que celui des experts. "On écoute les experts, ils jouent leur rôle de façon excellente. En rouvrant le secteur des coiffeurs, on prend un risque. On le sait bien", reconnaît le ministre de la Santé, qui s'explique. "Les experts nous avertissent. Mais nous avons pesé le besoin social qu'il y a. Beaucoup de gens nous disent qu'il y a un besoin réel, il faut se sentir bien dans sa peau et souvent pouvoir se montrer sous son meilleur jour. C'est aussi un besoin social. Et c'est la raison pour laquelle, de manière très prudente, avec des protocoles très stricts, on prend ce risque de rouvrir. Mais il n'y a pas d'autres assouplissements et toutes les mesures doivent être suivies."