L’histoire retiendra que Georges-Louis Bouchez, adoubé par Charles Michel dans la course à sa succession à la présidence du MR, a fait mieux que son mentor. En 2011, ce dernier n’avait obtenu “que” 54% des suffrages face à Daniel Bacquelaine. Il est vrai qu’à l’époque le parti était divisé suite à la guerre des clans qui avait fait chuter Didier Reynders de la présidence.

Mais tout de même : avec 62% des votes exprimés par les membres du MR, Georges-Louis Bouchez, 33 ans, vient de remporter une large victoire. Face à Denis Ducarme (38%), qui s’en tire avec les honneurs, le jeune Montois est bien élu. Il visait 60%, avait-il confié à ses proches. Bouchez a donc dépassé ses espoirs électoraux.

Il a eu chaud, toutefois. Même s’il était donné favori, la multiplication inattendue des candidatures (Philippe Goffin, Christine Defraigne et Clémentine Barzin) était venue compliquer le jeu. Georges-Louis Bouchez craignait un éparpillement des voix qui l’aurait empêché d’accéder au second tour.

Que peut-on conclure de ces résultats ? Tout d’abord que le MR est clairement un parti de centre-droit et sa base ne semble pas souhaiter un recentrage. Christine Defraigne a appelé à un retour au libéralisme progressiste, Denis Ducarme a dit souhaiter un recentrage du MR sur les questions sociales. Finalement, c’est la ligne Bouchez qui l’a emporté : sur le plan social, il est considéré comme plus libéral que Denis Ducarme et sur le plan des matières régaliennes (immigration, sécurité, justice...), il est clairement plus à droite que la tendance Defraigne. On peut donc penser que le nouveau président du MR, qui rappelait dans La Libre de jeudi être en faveur d’un gouvernement avec la N-VA, ne va pas ouvrir de suite un grand chantier sur le positionnement politique du MR.

Un tandem avec Wilmès

Pour la suite, les prochaines semaines vont être décisives pour Bouchez. Le MR est en effet engagé dans de délicates négociations au fédéral. La Première ministre Sophie Wilmès est la négociatrice en chef pour les libéraux mais le nouveau président va se joindre à elle et devra faire ses preuves très rapidement. De la réussite de leur tandem, dépendra l’avenir du Mouvement réformateur. Quoi qu’il en soit, avec une femme comme cheffe de file au fédéral et un président de 33 ans, le MR se donne une image très moderne alors que l’on pouvait craindre pour l’avenir du parti qui perdait coup sur coup Charles Michel et Didier Reynders.

Voici les résultats définitifs du vote, tels que communiqués par le MR

24 477 membres en ordre de cotisation étaient invités à se prononcer par correspondance.

Les résultats du dépouillement sont les suivants :

14 144 bulletins dénombrés

196 bulletins blancs ou nuls

13 948 votes valables.

Le taux de participation est de 57,78 %.

Georges-Louis BOUCHEZ obtient 8640 voix soit 62 % des votes valables

Denis DUCARME obtient 5308 voix soit 38 % des votes valables