Les socialistes flamands ne veulent plus que le MR fasse partie du prochain gouvernement, selon de Tijd. “Sinon ça s’arrêtera”, écrit le quotidien flamand.

Les discussions sur la formation d’un nouveau gouvernement sont au point mort depuis dimanche soir, l’attitude du président du MR Georges-Louis Bouchez a été pointée du doigt par plusieurs négociateurs.

“Les négociations devaient reprendre cet après-midi à midi, mais du côté du sp.a, on peut maintenant entendre que les socialistes flamands ne veulent plus continuer avec le MR. Cela a été décidé au bureau du parti de sp.a”, écrit De Tijd.

Les libéraux francophones peuvent en effet être remplacés mathématiquement par le cdH dans une coalition Vivaldi. Les libéraux flamands devraient toutefois alors abandonner le MR. L’attitude d’Egbert Lachaert, préformateur et président de l’Open Vld, sera décisive. Ces dernières semaines, il a toujours refusé de se désolidariser du MR.

Réunion à haut risque à midi

Vers midi, les présidents des 7 partis se sont toutefois retrouvés au palais d'Egmont pour reprendre les négociations interrompues la veille. Il s'agit d'une réunion à très haut risque.

De Tijd annonce qu'Egbert Lachaert souhaite remettre sa démission au roi. Selon des sources présentes à la table, le pré-formateur se montre combatif et tente de sauver la situation.

"Au rythme où ça va, on va se retrouver out au fédéral, mais aussi en Wallonie"

Au PS, certains n’excluent pas que la N-VA revienne dans le jeu des négociations dans le cas où le Vld lâcherait le MR.

Cela pourrait  avoir des implications au niveau du gouvernement wallon et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, où le CDH viendrait également remplacer le MR. La force du lien MR/Open Vld sera décisive et la pression est maximale sur Georges-Louis Bouchez.

"Au rythme où ça va, on va se retrouver out au fédéral, mais aussi en Wallonie", craint une source libérale.

Pour le MR, c'est toujours la Vivaldi sinon rien

Dans un communiqué envoyé à la sortie du bureau du MR, le parti assure avoir "réaffirmé à l'unanimité lundi matin sa volonté absolue de travailler pour arriver au 1er octobre à un accord sur la formation d'un gouvernement de plein exercice bénéficiant d'une forte majorité parlementaire dans l'intérêt du pays." Toujours ce communiqué, ils ont réaffirmé leur soutien à leur président, Georges-Louis Bouchez, et à la Première ministre Sophie Wilmès, qui fera partie de la délégation du MR aux négociations fédérales.


Des mandataires du Mouvement réformateur ont démenti lundi qu'il y ait la moindre volonté de leur parti de saboter les négociations en vue de former une majorité fédérale dite Vivaldi, rassemblant sept partis (PS, sp.a, Open Vld, MR, Ecolo, Green et CD&V).

"Pour nous il n'y a pas d'autre solution que la Vivaldi", a déclaré le ministre wallon Jean-Luc Crucke à la sortie du bureau élargi devant la presse. Les libéraux souscrivent toujours à l'objectif de l'ancien gouvernement le 1er octobre.

"Comment une note peut-elle être si à gauche avec un libéral comme Egbert Lachaert à la plume?"

Que s'est-il dit durant ce bureau de parti ? Les négociations fédérales ont été discutées en long et en large. Georges-Louis Bouchez a parlé d'un MR esseulé sur les thèmes et totems libéraux, ce qui expliquerait selon lui qu'il finisse en bouc-émissaire.


Le MR, en lâchant du lest sur ce qui est sur la table, serait en difficulté une fois l'accord rendu public.

Dans Humo, ce dimanche, Georges-Louis Bouchez déclarait pourtant que "le gouvernement sera plus à droite avec les Verts qu’avec la bourguignonne".

En bureau, Bouchez a détaillé "le catalogue des horreurs pour les libéraux" de ce qui figure dans cette note jugée bien trop à gauche, parlant notamment d'une proposition de taxation des plus-values et d'un cadastre du patrimoine. "Cet énoncé permet de mieux comprendre la réaction de Georges-Louis Bouchez lors des négociations. Il nous a dit: sur ce point, vous voulez que je lâche? Et sur celui-ci?", nous indique une source libérale. "La réponse, à chaque fois, a été négative. On peut aussi se poser cette question: comment une note peut-elle être autant à gauche avec un libéral comme Egbert Lachaert à la plume? Si la note est validée telle quelle, les libéraux vont se prendre un tir de barrage, mais pas seulement le MR. La séquence va évoluer. L'Open Vld va aussi passer à l'attaque, ce n'est pas tenable pour eux non plus."

Plusieurs élus ont demandé à ce que la tension s’apaise. Pierre-Yves Jeholet et Jean-Luc Crucke se sont inquiétés des conséquences sur les entités fédérées. Il ne s'agissait toutefois pas d'un tir de barrage, loin de là. Georges-Louis Bouchez a pu compter publiquement sur le soutien de Sophie Willmès, notamment.

"L'Open Vld ne nous lâchera pas. Notre alliance est canon."

La course au 16 est également dans la balance. "Si le poste revient à Paul Magnette, on le connait suffisamment que pour savoir qu'ils ne feront pas pour autant des concessions sur le fond. On ne veut pas se faire avoir au fromage et au dessert", concluait cette source à la sortie du bureau, ne craingnant pas de voir les libéraux flamands lâcher le MR. "Cela va s’apaiser. L'Open Vld ne nous lâchera pas. Notre alliance est canon."

Ambiance fébrile au MR

La divulgation de la position des socialistes flamands a toutefois jeté un froid et l'ambiance est fébrile dans les bureaux de la toison d'or. "Personne ne veut vraiment de cette coalition, qui est un mariage de raison. Tout le monde utilise le moindre prétexte. L'attaque ad-hominem vis-à-vis de Georges-Louis Bouchez va trop loin", conclut une source proche de l'entourage du président du MR.