Le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et l'Université libre de Bruxelles (ULB) ont signé jeudi un partenariat d'un genre nouveau en Belgique francophone en décidant de coopérer au sein d'un Groupe de recherche sur les parlements, dont la première grande question sera l'évaluation scientifique du travail parlementaire.

Cette coopération, imaginée sur le modèle de celle associant l'assemblée nationale du Québec à l'université de Laval, est ouverte à d'autres assemblées et d'autres universités, a d'emblée précisé le président du parlement, Jean-Charles Luperto.

Elle a été jugée nécessaire après des articles de presse dressant le bulletin des députés sur base de statistiques telles que le nombre de documents (questions, interpellations, décrets, etc) publiés au nom du député.

Ces bulletins, de l'avis de nombre de députés et d'académiques, rendent une image incomplète et biaisée du travail parlementaire, oblitérant une bonne part de sa dimension qualitative. Ils risquent également d'inciter le député à se lancer dans une course à la statistique qui noie le travail du parlement et l'intérêt du citoyen représenté.

"La réalité parlementaire est caricaturée par les études quantitatives", a commenté M. Luperto à l'occasion de la signature de la convention.

Cette dernière permettra à la faculté de sciences politiques de l'ULB de proposer à ses étudiants et chercheurs un stage au parlement, des séminaires d'étude ou de recherche, mais aussi des colloques ou des conférences pour le grand public.

"Qu'est-ce qu'un bon parlementaire ? " sera la première réflexion que ce groupe de recherche parlement-université mènera dès la rentrée de septembre.

Pour le recteur de l'ULB Didier Viviers, ce type de coopération renforce les liens entre l'université et la société civile. Elle pourrait s'étendre à d'autres sciences humaines comme la philosophie, voire au travers d'une plate-forme de réflexion sur les problèmes de société, une "Maison des sciences humaines" que l'ULB compte développer à Bruxelles - il en existe 21 en France - en l'ouvrant aux autres universités.

A l'étranger, l'ULB veut renforcer ses études parlementaires en partenariat avec les université de Genève (Suisse) et Montréal (Québec), mais aussi avec l'université d'Edimbourg (Ecosse), proche de l'ULB depuis que le prix Nobel de physique a été attribué à leurs professeurs Peter Higgs et François Englert.

"L'ambiance générale est au rapprochement entre les mondes universitaire et politique, tout en s'assurant l'un et l'autre d'une totale indépendance dans nos missions spécifiques", a souligné Didier Viviers.